Le président de la Commission de l'Énergie de la Chambre des représentants, Henry Waxman.
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PC/AP/Susan Walsh
Le président de la commission sur l'Énergie de la Chambre des représentants des États-Unis, Henry Waxman, dénonce à son tour le projet d'oléoduc Keystone XL, qui doit permettre d'acheminer du pétrole extrait des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au Texas.
Dans une lettre à la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton diffusée mardi, M. Waxman soutient que ce projet « va accentuer notre dépendance vis-à-vis de l'une des sources de carburants les plus sales actuellement disponibles ».
« Alors que je soutiens fermement les efforts du président pour orienter les États-Unis vers une économie reposant sur les sources d'énergies propres, je crains que l'oléoduc Keystone XL ne constitue un pas dans la mauvaise direction », écrit le représentant démocrate de la Californie.
Tracé existant et tracé projeté du pipeline
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TransCanada
Le nouvel oléoduc de TransCanada doit s'étendre sur plus de 2500 kilomètres. Il devrait être capable de transporter environ un million de barils de pétrole brut par jour.
Le projet, qui pourrait voir le jour en 2013, représente un investissement de 7 milliards de dollars américains.
Selon M. Waxman, la mise en service de l'oléoduc Keystone XL « doublerait la quantité de pétrole extraite dans les sables bitumineux actuellement importée » aux États-Unis.
Or, selon une étude de National Resources Defence Council citée par M. Waxman, la technique qui consiste à extraire du sable riche en bitume afin d'en faire du pétrole nécessite trois fois plus d'énergie qu'une extraction classique et émet jusqu'à 37 % plus de gaz à effet de serre.
Dans une réplique diffusée mardi, TransCanada soutient que son projet injectera 20 milliards de dollars dans l'énergie américaine, qu'il permettra de créer 20 000 emplois et rapportera 585 millions de dollars en taxes aux États et aux municipalités touchées.
Le pétrole que permettrait d'importer l'oléoduc permettra en outre de réduire de moitié les importations en provenance du Moyen-Orient et du Venezuela, soutient la firme.
Dilemme américain
L'affaire met en évidence deux projets politiques de l'administration Obama : l'un qui consiste à réduire la dépendance du pays envers le pétrole de l'étranger; l'autre, qui prône le recours accru à des sources d'énergie renouvelables et moins polluantes.
À titre de président de la commission sur l'Énergie de la Chambre des représentants, M. Waxman est bien au courant de ce débat. C'est lui qui a coécrit le projet de loi visant à établir une bourse du carbone aux États-Unis. Le projet est actuellement suspendu.
Le représentant Waxman se joint à plusieurs opposants au projet. La Society for Conservation Biology, actuellement réunie en congrès à Edmonton, a récemment publié un communiqué soulignant le tort irréparable qu'il pourrait causer à des espèces menacées. Le groupe soutient que le projet violerait la politique environnementale américaine.
Il y a deux semaines, 50 autres représentants du Congrès ont écrit à la secrétaire d'État Hillary Clinton pour l'exhorter de ne pas accorder les autorisations requises. Ils soutenaient eux aussi que l'évaluation environnementale effectuée ne prenait pas suffisamment en compte les conséquences du projet en terme de réchauffement climatique.
TransCanada affirme que reprendre le processus d'évaluation en prenant en compte une analyse du cycle de vie des gaz à effet de serre engendrés par le projet « retarderait indûment le projet et mettrait en péril les importants bénéfices qu'en retireront les États-Unis ».
Les arguments de TransCanada sont largement cooptés par le gouvernement albertain. La semaine dernière, le gouvernement a payé 58 000 $ pour publier dans le quotidien Washington Post une publicité présentant les avantages du projet. « Un bon voisin vous fournit une tasse de sucre; un voisin extraordinaire vous fournit 1,4 million de barils de pétrole par jour », pouvait-on y lire.
Extrait de lettre d'Ed Stelmach publiée dans le Washington Post
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Washington Post
Les sables bitumineux de l'Alberta renferment près de 175 milliards de barils de pétrole, ce qui en fait les plus importantes réserves d'or noir de la planète après celles de l'Arabie saoudite. Cette production a permis au Canada de devenir ces dernières années le premier fournisseur de pétrole des États-Unis.