Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan
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AFP/Adem Altan
Les répercussions de l'assaut de l'armée israélienne contre la flottille d'aide humanitaire destinée à Gaza sur les relations israélo-turques se multiplient.
Ankara interdit à deux avions militaires israéliens le survol de son espace aérien, dans ce qui semble être des représailles à l'assaut israélien contre la flottille humanitaire pour Gaza, à la fin mai. Neuf militants turcs avaient été tués.
La Turquie a interdit à deux avions de l'armée israélienne le survol de son espace aérien à deux reprises.
« Cela [l'interdiction de survol] ne signifie pas que nous allons les refuser à l'avenir, mais nous allons les prendre au cas par cas », a indiqué une source diplomatique turque, parlant sous le couvert de l'anonymat, confirmant que les vols civils ne sont pas concernés.
Lundi, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait annoncé une interdiction de survol portant sur un avion, et la presse turque avait fait état dans la soirée d'une deuxième interdiction.
Ankara est pourtant liée à Israël par des accords de coopération militaire depuis 1996.
La Turquie, membre de l'OTAN, a déjà exclu Israël, début juin, de manoeuvres aériennes conjointes, et a rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv.
Le gouvernement turc réclame d'Israël des excuses, des dommages pour les familles des neuf victimes de l'assaut, une enquête internationale sur le raid, la libération des trois navires turcs saisis pendant l'opération et la fin du blocus de Gaza.
Froid entre Washington et Ankara
M. Erdogan a évoqué cette question avec le président américain Barack Obama en marge du G20, le week-end dernier, à Toronto.
Israël, qui refuse une enquête internationale sur l'assaut meurtrier dans les eaux internationales, a lancé lundi les travaux de sa propre commission d'enquête, récusée par la Turquie.
« Obama est très déçu du vote » de la Turquie, qui a dit non à de nouvelles sanctions contre l'Iran, au Conseil de sécurité des Nations unies. Washington n'a pas compris comment un allié de l'OTAN a pu voter contre les Occidentaux, a expliqué l'analyste et journaliste Mehmet Ali Birand.
Le rapprochement de la Turquie avec l'Iran et la Syrie inquiète les Occidentaux. Ils redoutent de perdre un précieux allié musulman, situé stratégiquement entre l'Europe, le Proche-Orient et l'Asie centrale.