Le président iranien lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran
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AFP/Atta Kenare
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé lundi que son pays ne reprendrait pas avant la fin d'août les discussions sur le nucléaire avec les grandes puissances occidentales pour « leur apprendre la politesse », afin de les punir pour les dernières sanctions adoptées au Conseil de sécurité.
L'Iran annonce la suspension des discussions sur le nucléaire avec les grandes puissances occidentales jusqu'à la fin d'août. Téhéran réclame la présence du Brésil et de la Turquie à la table des négociations.
Il a également réclamé la présence de la Turquie et du Brésil à ces discussions.
« Nous sommes prêts à négocier pour un échange du combustible [nucléaire avec les grandes puissances] sur la base de la déclaration de Téhéran », cosignée en mai par l'Iran, la Turquie et le Brésil, a-t-il affirmé.
« S'il y a d'un côté la Russie, la France et les États-Unis, l'Iran viendra avec la Turquie et le Brésil », a-t-il indiqué.
M. Ahmadinejad a également prévenu que son pays pourrait prendre des mesures de représailles en cas d'inspection de ses navires dans le cadre des sanctions frappant le régime de Téhéran.
Guerre psychologique
Par ailleurs, l'Iran a rejeté les déclarations du chef de la CIA Leon Panetta sur la capacité de Téhéran de fabriquer deux bombes nucléaires, accusant les services de renseignements américains de mener « une guerre psychologique » contre Téhéran.
« Les responsables américains, et en particulier leurs services de renseignements, savent mieux que quiconque que le programme nucléaire iranien n'est aucunement militaire », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast.
Selon lui, « ceux qui publient de telles fausses informations veulent dévier l'opinion publique mondiale des armes atomiques dont disposent quelques pays, notamment le régime sioniste [Israël], qui est la principale menace pour la sécurité » mondiale.
M. Panetta a affirmé dimanche sur la chaîne américaine ABC que l'Iran disposait de suffisamment d'uranium enrichi « pour fabriquer deux armes » nucléaires, ajoutant que ce pays pouvait mettre au point un engin en deux ans s'il le voulait.
Total suspend ses ventes de produits pétroliers à l'Iran
Le porte-parole du groupe français Total a annoncé que l'entreprise a suspendu ses « ventes d'essence et de produits raffinés à l'Iran » après l'adoption par le Congrès américain de nouvelles sanctions contre la République islamique.
Le groupe pétrolier n'a pas pu préciser la date de cessation des livraisons ni les volumes de produits pétroliers en jeu. Il s'agirait de « quantités marginales », selon une source proche du groupe français, qui a précisé que les livraisons avaient cessé « depuis plusieurs semaines ».
Quatrième producteur mondial de pétrole brut, l'Iran manque de raffineries et dépend donc des importations pour son approvisionnement en essence et produits raffinés.
Toutes les grandes compagnies pétrolières internationales encore présentes en Iran, comme Shell, Total, Statoil ou ENI, sont en train de se retirer progressivement du pays.
Les mesures prises par les deux chambres du Congrès américain, qui complètent celles décidées par l'ONU, visent notamment à perturber l'approvisionnement en essence de l'Iran.