Les futurs repreneurs du Monde Mathieu Pigasse, Pierre Bergé et Xavier Niel
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AFP/Thomas Samson
Le rachat du quotidien français Le Monde a suscité polémique et débats en France sur la volonté du président Nicolas Sarkozy d'influer sur la transaction.
L'offre du duo France Télécom-Le Nouvel observateur pour le rachat du prestigieux quotidien français est rejetée par la Société des rédacteurs du Monde. Celle-ci préfère l'offre du trio d'hommes d'affaires Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse.
Mais le feuilleton médiatico-politique semble arriver à son terme, puisque la Société des rédacteurs du Monde, actionnaire principal du journal, a voté à 90,84 % en faveur de l'offre de reprise déposée par le trio d'homme d'affaires Pierre Bergé, Mathieu Pigasse (patron de Lazard Europe) et Xavier Niel (le président de l'opérateur télécom Free).
Par conséquent, l'offre de France Télécom-Le Nouvel Observateur sera retirée.
Le quotidien du soir, fortement endetté et dont le tirage est de 412 000 exemplaires par jour, cherche un repreneur pour recapitaliser le groupe. Les montants sont évalués de 80 à 120 millions d'euros (de 102 à 153 millions de dollars).
France Télécom était alliée au patron du magazine Le Nouvel Observateur, Claude Perdriel, et associée à l'espagnol Prisa (quotidien El Pais).
Le Conseil de surveillance du groupe Le Monde a entériné lundi après-midi l'offre Bergé-Niel-Pigasse par 11 voix sur 20, selon une source proche du Conseil.
La décision définitive du choix du repreneur est attendue mercredi, après un vote de l'assemblée générale de l'ensemble des actionnaires du journal.
Sitôt choisi, le repreneur devra avancer 10 millions d'euros (12 millions de dollars) pour pallier les difficultés de trésorerie et engager des négociations sur la recapitalisation.
Sarkozy se mêle de la transaction
Le rachat du Monde a pris une dimension politique, avec la révélation que le président Nicolas Sarkozy avait convié son directeur Éric Fottorino pour lui dire que l'offre Bergé-Pigasse-Niel ne lui plaisait pas.
Pierre Bergé a financièrement soutenu la campagne de la socialiste Ségolène Royal pendant la présidentielle de 2007. Certains observateurs voyaient aussi la main de l'Élysée derrière France Télécom, détenu à 26 % par l'État.
Cette intervention du président Sarkozy a fait réagir ses adversaires politiques, qui l'ont accusé de « s'immiscer » dans les affaires des médias.