L'escouade antiémeute au coin des rues Queen et Soho.
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Pierre-Mathieu Tremblay
Le calme semblait être retombé dimanche soir dans le centre-ville de Toronto après une journée mouvementée pendant laquelle plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés. Les journalistes présents sur place n'ont pas été épargnés par les opérations de police.
Les journalistes ont pu faire l'expérience, dimanche, de l'efficacité de la police à contrôler les mouvements foules qui ont animé le centre-ville de Toronto pendant le sommet du G20, comme a pu le constater sur place Colin Perkel, un journaliste de La Presse Canadienne.
Selon M. Perkel, plusieurs journalistes et des photographes de presse ont en effet été encerclés par les policiers antiémeutes au niveau de l'avenue Spadina et de la rue Queen ouest. Ils ont été gardés captifs pendant des heures, et ce, même s'ils avaient en leur possession l'accréditation jaune qui les identifiait comme des membres des médias.
Il semble que les journalistes, dont Colin Perkel, ont été victimes d'une manoeuvre qui ne leur était pas initialement destinée et qui devait permettre à la police d'intercepter un groupe de manifestants.
Une jeune femme effrayée par l'avancée soudaine des policiers est réconfortée par un proche.
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Pierre-Mathieu Tremblay
Une nouvelle altercation avait en effet commencé vers 18 h à l'angle de la rue Queen et de l'avenue Spadina, où des escarmouches avaient aussi eu lieu samedi. Les policiers ont alors encerclé des manifestants et ont bloqué les issues possibles. Ils ont arrêté entre 20 et 30 personnes, selon des chiffres de CBC.
Un peu avant 20 h, le réseau anglais de Radio-Canada rapportait que les policiers étaient toujours en alerte, alors qu'une pluie battante tombait sur les rues et que le jour déclinait.
La police a parfois opté pour un mouvement afin de refouler les manifestants
Les policiers se sont par ailleurs retirés des environs du centre de détention, où des escarmouches ont eu lieu dans la journée de dimanche avec des manifestants.
De nombreux manifestants ont d'autre part déjà été relâchés du centre de détention, la plupart sans inculpation.
Quelque 250 manifestants à vélo se sont réunis en début d'après-midi au centre-ville et se sont dirigés ensemble vers le sud. Cette manifestation s'est déroulée pacifiquement.
Quelques centaines de manifestants ont dévalé les rues du centre-ville de Toronto à vélo, dimanche.
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PC/Darren Calabrese
Plus tôt, la police a eu recours à la force pour disperser un groupe d'une centaine de manifestants qui réclamaient la libération de militants enfermés dans le centre provisoire de détention de Toronto. Quelques manifestants ont été arrêtés.
Environ 70 personnes, dont plusieurs Québécois, ont aussi été arrêtées vers 10 h dimanche sur le campus de l'Université de Toronto. Certains appartiennent à la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), dont au moins 800 membres ont quitté la métropole montréalaise vendredi pour aller manifester dans la Ville Reine, selon Danie Royer, porte-parole du regroupement.
Les policiers ont expliqué avoir trouvé une cache de briques et de bâtons, qui auraient pu compromettre la sécurité des Torontois. Il s'agit de la plus grosse action policière du week-end pour l'instant.
Une femme est arrêtée devant le centre de détention provisoire aménagé dans un studio de cinéma à Toronto.
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AFP/Jacques Boissinot
Quatre individus ont également été arrêtés dimanche à 2 h 30 alors qu'ils sortaient d'une bouche d'égout située au coin des rues Richmond et Bay, soit à trois coins de rue du périmètre de sécurité. Les policiers ont indiqué qu'il ne s'agissait que d'un groupuscule et qu'aucune autre personne ne se trouve dans le réseau d'égouts. Des vérifications ont été effectuées afin de s'assurer que la sécurité des lieux n'a pas été compromise. Des bouches d'égout supplémentaires ont d'ailleurs été scellées.
600 personnes arrêtées
Les policiers tentent de disperser les manifestants et font des arrestations dimanche près du centre de détention où 500 personnes ont été conduites.
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AFP/Simon Hayter
La police de Toronto a arrêté plus de 600 personnes depuis le début des manifestations. La majorité des arrestations a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche.
Les fenêtres des commerces du centre-ville qui n'ont pas été vandalisés samedi avaient été placardées en prévision des manifestations de dimanche.
L'essentiel des protestations de samedi s'est, il faut le préciser, déroulé dans le calme, mais des groupes minoritaires plus radicaux ont réussi à s'infiltrer dans les manifestations et ont détourné l'attention lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.
Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc, notamment, pour repousser les manifestants.
Environ 20 000 policiers ont été déployés dans la Ville Reine et le coût de la sécurité pour les deux sommets du G8 et du G20 est évalué à près de 1 milliard de dollars.
Jack Layton dénonce les remous
Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a dénoncé à l'antenne de CBC ces remous qui, dit-il, constituent une déplorable diversion aux véritables enjeux abordés dans le cadre de la rencontre. Jack Layton précise cependant que le premier ministre du Canada, Stephen Harper, devait savoir que tenir la réunion au coeur de la ville la plus peuplée du pays poserait problème.
Il dit par ailleurs ne faire aucune confiance à Stephen Harper pour veiller à préserver les programmes indispensables aux citoyens dans ses efforts pour juguler le déficit.
Québec solidaire s'insurge
Québec solidaire a dénoncé dimanche la « dérive sécuritaire » autour du G20, qui occulte selon lui les enjeux ayant motivé des milliers de personnes à se rendre à Toronto pour manifester.
Le parti dénonce également les arrestations qualifiées d'arbitraires effectuées par les forces policières, dont celle d'une membre du comité de coordination de Québec solidaire.
Le quadrilatère de sécurité à Toronto