Un sidéen dans une salle de traitement du Centre Baphumelele, dans le township de Khayelitsha, en Afrique du Sud.
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PC/Schalk van Zuydam
L'intensification de la lutte contre le sida donne des résultats depuis l'élection du président Jacob Zuma, il y a un an. Mais compte tenu du défi financier considérable, ces avancées demeurent fragiles.
En Afrique du Sud, l'intensification de la lutte contre le sida donne des résultats. Depuis son élection l'année dernière, le président Jacob Zuma a doublé les budgets accordés au traitement médical et à la prévention de la maladie.
Les sidatiques ont vu leur condition s'améliorer grâce à un meilleur accès à des médicaments de qualité, et les nouveaux cas ont diminué grâce à la volonté du gouvernement de freiner l'évolution de l'épidémie.
Selon le docteur Éric Goemar, coordonnateur médical de Médecins sans frontières en Afrique du Sud, l'impact sur le taux de mortalité au pays est indiscutable.
Des progrès remarquables ont été faits depuis la politique de déni du gouvernement précédent de Thabo Mbeki au début des années 2000. À l'époque, la ministre de la Santé recommandait le recours à des remèdes traditionnels pour soigner le sida.
« Elle a été jusqu'à dire qu'une concoction de betteraves rouges, d'ail et je ne sais plus quoi pouvait substituer les ARV [antirétroviraux]. Ça laisse des séquelles », s'indigne le docteur Goemar.
Mais malgré les avancées constatées grâce aux nouvelles mesures du gouvernement Zuma, rien n'est acquis et la maladie continue de faire des ravages.
Pour le docteur Goemar, la lutte contre le sida en Afrique du Sud est victime de ses succès relatifs; l'impression d'urgence s'atténue.
Faute de financement adéquat du gouvernement et des grandes organisations internationales qui réduisent leurs dons, les progrès chèrement acquis en Afrique du Sud sont aujourd'hui remis en cause.
En mai dernier, Médecins sans frontières avait dénoncé le désengagement des bailleurs internationaux dans la lutte contre le sida. Selon l'ONG, le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et la malaria souffre gravement de la baisse des contributions des États-Unis, des Pays-Bas et de l'Irlande.
En Afrique du Sud, environ 5,7 millions de personnes sont atteintes du VIH/sida, ce qui constitue le taux le plus élevé du monde.
D'après un reportage de Frank Desoer