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Photo: Amnistie internationale Une des photos présentées par Amnistie internationale. |
Amnistie internationale affirme que les États-Unis ont utilisé des bombes à fragmentation lors d'une attaque le 17 décembre 2009 à Al-Maajala, dans le sud du Yémen, où 55 personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées.
Les photos d'Amnistie montrent des dégâts causés par le missile BGM-190D. « Ce type de missile tiré à partir d'un navire de guerre ou d'un sous-marin est conçu pour porter 166 charges à fragmentation, chacune explosant en 200 sous-munitions à fragments tranchants qui peuvent causer des blessures dans un rayon de 150 mètres ». Ces sous-munitions contiennent « une matière incendiaire », selon Amnistie.
À ce jour, 36 États ont ratifié la Convention sur les armes à sous-munitions, qui entrera en vigueur le 1er août 2010. Ce traité international interdit l'emploi, la production, le stockage et le transfert de ce type d'armes. Le texte de la Convention a été adopté par 107 États le 30 mai 2008, lors de la Conférence de Dublin.
Ni les États-Unis, ni le Yémen ne sont signataires de la Convention sur les armes à sous-munitions. De son côté, le Canada a signé le traité, mais ne l'a pas encore ratifié.
À Washington, Bryan Whitman, un porte-parole du Pentagone, a refusé de commenter ces accusations, renvoyant les journalistes vers le gouvernement yéménite.
« Cela dit, il convient de féliciter le gouvernement du Yémen d'avoir relevé le défi de la menace d'Al-Qaïda », a indiqué M. Whitman. « Nous soutenons énergiquement les opérations menées contre Al-Qaïda dans la Péninsule arabique et coopérons étroitement avec le Yémen et d'autres pays en matière d'initiatives antiterroristes », a-t-il ajouté.
Amnistie internationale a publié des photos montrant, selon elle, des débris d'un missile Tomahawk de fabrication américaine et des bombes à fragmentation encore intactes ayant apparemment servi à cette attaque.
Après avoir exprimé son inquiétude, Mike Lewis, un responsable de l'ONG, a déclaré : « les bombes à fragmentation frappent sans discernement et les bombes non explosées menacent la vie et les moyens d'existence pendant des années. »
Pour sa part, Philip Luther, directeur adjoint d'Amnistie pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, a estimé qu'un tel raid « contre des militants présumés sans tentative pour les arrêter est pour le moins illégal. Le fait que tant de victimes étaient des femmes et des enfants prouve que l'attaque était foncièrement arbitraire. »
Selon Amnistie, une commission parlementaire yéménite a confirmé la mort de 41 habitants, dont des femmes et des enfants, et indiqué avoir constaté lors d'une visite du site que « toutes les maisons avaient été incendiées ».
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse
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