BP a annoncé que l'opération top kill est un échec.
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AFP/BP
BP a annoncé samedi soir que l'opération top kill pour colmater la fuite du puits de pétrole responsable de la marée noire dans le golfe du Mexique a échoué.
Le géant pétrolier annonce que l'opération top kill visant à colmater la fuite du puits de pétrole dans le golfe du Mexique a échoué et essaiera maintenant une autre méthode.
L'opération pour tenter de reboucher le puits de pétrole s'était poursuivie pour une troisième journée samedi, mais le géant pétrolier a indiqué qu'elle n'avait pas permis d'arrêter la fuite.
L'entreprise a précisé qu'elle allait maintenant essayer une autre méthode pour colmater la fuite. Cette tactique consistera à sectionner la colonne endommagée d'où s'échappe le pétrole et la couvrir de nouveau à l'aide d'un couvercle de confinement et de conduits sous-marins afin de pomper le pétrole. Cette opération devrait prendre quatre jours. BP a précisé que le succès de cette nouvelle tentative n'était pas du tout garanti.
Chronique d'un échec
L'opération top kill visait à injecter dans le puits une solution faite d'eau et de matières solides. BP espérait que l'injection de cette boue allait stopper le flux de pétrole. Une fois le flux arrêté, BP devait recouvrir le tout de ciment.
Les chances de réussite de l'opération étaient de 60 % à 70 %, une telle technique n'ayant jamais été expérimentée à une profondeur de 1500 mètres, où se trouve la fuite.
Dans l'opération, BP a acheminé environ 9,5 millions de litres de boues pour tenter de colmater le puits qui répand des hydrocarbures dans les eaux du golfe du Mexique depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril dernier.
La fuite est à l'origine de la pire marée noire de l'histoire des États-Unis. Selon les estimations, de 68 millions à 151 millions de litres de pétrole se sont répandus en mer. En 1989, le naufrage du pétrolier Exxon Valdez sur les côtes de l'Alaska avait provoqué l'échappement de 42 millions de litres.
Vendredi, le président américain Barack Obama s'est rendu en Louisiane, l'État le plus touché par la marée noire. Il y a constaté les efforts entrepris pour lutter contre la marée noire dans le golfe du Mexique. Il l'a qualifiée de « terrible catastrophe ».
Lors de cette visite, il a annoncé que les effectifs déployés dans les régions côtières touchées seront triplés et que de nouveaux barrages pour retenir le pétrole seront installés. En ce moment, il y a 20 000 personnes qui participent aux opérations visant à endiguer la marée noire.
BP est soumis à une forte pression de la part de l'opinion publique américaine et de l'administration Obama. Washington est hanté par le désastre politique qu'avait entraîné l'inertie du gouvernement Bush lors du passage du cyclone Katrina dans la même région en 2005.
Chaque nouvelle journée apporte son lot d'images de rivages souillés et d'animaux englués. Les dégâts sont particulièrement importants dans des marais. À certains endroits, comme à Pass-a-Loutre, en Louisane, les scientifiques constatent que « tout est presque mort ».
La lutte contre la marée noire implique également l'usage de dispersants chimiques qui suscitent la controverse. Jusqu'à présent, 3,3 millions de litres de ces produits ont été répandus. L'Agence américaine de l'Environnement a indiqué toutefois que BP utilise désormais moins de produits chimiques pour disperser le pétrole.