Shimon Peres
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AFP/David Buimovitch
Israël refuse toujours de confirmer qu'elle possède un arsenal nucléaire, mais un universitaire américain prétend en détenir la preuve.
Un universitaire américain soutient que Tel-Aviv a secrètement convenu de vendre des armes nucléaires à l'Afrique du Sud en 1975, à l'époque de l'apartheid. Israël nie tout.
Sasha Polakow-Suransky assure avoir entre ses mains des documents produits en 1975 confirmant des discussions entre l'Afrique du Sud et Israël au sujet de la vente de missiles à têtes nucléaires.
L'information a été rendue publique lundi dans le quotidien anglais The Guardian et a été immédiatement démenti par le président israélien Shimon Peres. Ce dernier est au coeur de l'affaire puisqu'il était ministre de la Défense à cette époque.
« Israël n'a jamais négocié un échange d'armes nucléaires avec l'Afrique du Sud. Il n'existe aucun document ou signature israélienne prouvant que de telles négociations ont eu lieu » a indiqué Shimon Peres dans un communiqué.
Accord secret?
L'ex président sud-africain P.W. Botha en 1998.
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PC/Obed Zilwa
Selon le chercheur américain, Israël a négocié secrètement un accord avec l'Afrique du Sud, alors sous le régime de l'apartheid.
Shimon Peres aurait ainsi offert à son homologue Pieter Willem Botha des missiles nucléaires de trois tailles différentes. Israël aurait aussi insisté pour que l'existence d'un tel accord ne soit jamais divulguée.
Le chercheur ajoute qu'Israël a fait des pressions au fil des années pour que les documents demeurent classifiés malgré ses demandes répétées.
L'universitaire détient tout de même un document sud-africain, daté du 31 mars 1975 portant la mention « confidentiel » qui fait état d'une demande de l'Afrique du Sud à Israël pour l'obtention de missiles nucléaires.
Rumeurs de collaboration
Les rumeurs de collaboration militaire entre Israël et l'Afrique du Sud ne sont pas nouvelles. En 1979, un satellite américain avait enregistré un événement anormal dans l'océan Indien ce qui avait fait dire à la chaîne CBS qu'il s'agissait d'un essai nucléaire mené conjointement par les deux pays.
Le livre « The Unspoken Alliance: Israel's secret alliance with apartheid South Africa » du chercheur Sasha Polakow-Suransky traite notamment de cette question. Il doit paraître cette semaine aux États-Unis.
Le secret demeure
Avec la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud a démantelé son programme nucléaire sous la supervision de l'ONU.
De son côté, Israël n'a jamais confirmé publiquement posséder un arsenal nucléaire sur son territoire. Elle maintient officiellement une « politique d'ambiguïté » à ce sujet.
Plusieurs experts étrangers affirment toutefois que ce pays dispose de 100 à 300 ogives nucléaires.
N'ayant jamais signé le Traité de non-prolifération nucléaire, l'État hébreu ne s'est pas engagé à ne pas développer l'arme nucléaire et n'est pas assujetti à des inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Des pays musulmans, dont la Turquie, ont profité du récent sommet sur la sécurité nucléaire du président Obama à Washington pour soulever cette question.
Ankara a publiquement fait savoir qu'Israël ne devrait pas posséder d'armes nucléaires, à l'instar des autres pays de la région. Une position qui n'est pas passée inaperçue à l'heure où Tel-Aviv est le pays qui insiste le plus pour que le monde empêche l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
Le cas Vanunu
Mordechai Vanunu arrêté une fois de plus en 2009 pour « être entré en contact avec un étranger ».
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AFP/Gali Tibbon
Mordechaï Vanunu qui a passé 18 ans de prison ferme pour espionnage est revenu récemment dans l'actualité. En 1986, l'homme a révélé les secrets nucléaires israéliens à un hebdomadaire britannique.
Morcechai Vanunu, aujourd'hui âgé de 55 ans, vient d'être condamné à 3 mois supplémentaires de prison à sa peine infligée pour avoir violé un ordre lui interdisant tout contact avec des étrangers.
Le procureur israélien dans cette affaire a prétendu lors des audiences que l'homme pourrait encore « mettre en danger la sécurité de l'État, même 24 ans après sa première arrestation ».