Le Cheonan a coulé après une mystérieuse explosion près de la frontière maritime avec la Corée du Nord.
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AP/Yonhap, Jin Sung-chul
La Corée du Sud a déclaré qu'elle prendrait « des mesures énergiques » contre la Corée du Nord, après qu'une enquête internationale eut déterminé que Pyongyang était à l'origine du naufrage du navire de guerre sud-coréen Cheonan. L'accident survenu en mars dernier avait fait une quarantaine de morts.
Des enquêteurs concluent que la Corée du Nord est à l'origine du naufrage du navire sud-coréen Cheonan, survenu en mars dernier. Tandis que Séoul menace sa voisine de « mesures énergiques », Pyongyang nie toute implication.
« Les preuves mènent de manière accablante à la conclusion que la torpille a été tirée par un sous-marin nord-coréen », estiment les enquêteurs dans un rapport publié jeudi. « Il n'y a aucune autre explication possible », concluent-ils.
La Corée du Nord a rapidement réagi, qualifiant ce constat d'« affabulation ». Elle a brandi la menace d'une « guerre généralisée », si de nouvelles sanctions lui étaient imposées.
La veille, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Yu Myung-Hwan, avait déclaré qu'il existait suffisamment de preuves pour saisir le Conseil de sécurité de l'ONU.
Selon la presse sud-coréenne, les experts internationaux responsables de l'enquête, notamment des Américains et des Australiens, ont découvert un fragment de torpille portant un numéro de série inscrit à la manière nord-coréenne.
L'Union européenne et les États-Unis condamnent l'attaque
Les conclusions de l'enquête n'ont pas tardé à susciter l'indignation des capitales occidentales. L'Union européenne a condamné l'attaque comme « un acte odieux et profondément irresponsable. »
La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton a par ailleurs salué la retenue du gouvernement sud-coréen.
La Grande-Bretagne a dénoncé « le mépris flagrant de ses engagements internationaux » par la Corée du Nord.
« Cette attaque démontre une insensibilité totale pour la vie humaine et un mépris flagrant des devoirs internationaux », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.
De leur côté, les États-Unis ont « fermement condamné » l'« agression » nord-coréenne, après la publication du rapport des enquêteurs, basé sur « un examen objectif et scientifique des preuves ».
Le département d'État américain avait laissé entendre, mercredi, que le naufrage du navire sud-coréen serait au coeur du voyage de Hillary Clinton dans la région, qui l'amènera, au cours des prochains jours, au Japon, en Chine et en Corée du Sud.
Les États-Unis ont joué un rôle très important dans l'enquête sur le naufrage, a souligné un porte-parole du département d'État, qui a en outre assuré que Mme Clinton aborderait la question à chacune des étapes de sa visite.
« Une des raisons pour lesquelles Mme Clinton se rend dans la région, avait-il dit, est d'établir et de mettre en place un ensemble de réponses » aux conclusions de l'enquête, qui n'avaient alors pas encore été rendues publiques.
Le Cheonan, un bâtiment de 1200 tonnes, a coulé le 26 mars dans une explosion au large de l'île de Baengnyeong, près de la frontière maritime avec la Corée du Nord.
Au lendemain de la catastrophe, la Corée du Sud et les États-Unis avaient indiqué qu'aucun indice n'incriminait la Corée du Nord.