Le président Ahmadinejad dévoile la nouvelle centrifugeuse.
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AFP/Behrouz Mehri
Le projet de résolution visant à durcir les sanctions contre l'Iran est illégitime et discrédite les puissances qui composent le Conseil de sécurité de l'ONU, affirme Téhéran, qui a réagi vivement mercredi à un projet de résolution piloté par les États-Unis.
Téhéran qualifie d'illégitimes les menaces onusiennes de durcir les sanctions contre l'Iran, alors que la Turquie et le Brésil appellent à la modération.
La Turquie et le Brésil, qui étaient parvenus à une entente lundi avec l'Iran sur l'enrichissement de l'uranium, en ont appelé aux puissances du Conseil de sécurité pour leur demander de ne pas recourir à des sanctions supplémentaires.
En effet, au lendemain de cette entente qui avait laissé planer quelques espoirs dans le dossier nucléaire iranien, les États-Unis ont accentué la pression en ralliant des membres du Conseil de sécurité à leur projet de sanctions contre l'Iran.
Dans un entretien téléphonique, mercredi, avec le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le président américain Barack Obama a reconnu les « efforts » d'Ankara. Il lui a toutefois fait part de « l'inquiétude persistante » de la communauté internationale dans ce dossier.
Le texte du projet de résolution souligne dans son préambule la non-application par l'Iran des précédentes résolutions qui lui enjoignaient de suspendre l'enrichissement d'uranium, ainsi que sa non-coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Resserrer l'étau sur l'Iran
Les sanctions préconisées ont trait à plusieurs points, notamment l'interdiction pour l'Iran de construire de nouvelles unités d'enrichissement d'uranium et d'investir à l'étranger dans des activités sensibles, comme l'extraction d'uranium, l'enrichissement ou les activités liées aux missiles balistiques.
Il sera interdit de vendre à l'Iran huit nouvelles catégories d'armes lourdes : chars de combat, véhicules blindés de combat, systèmes d'artillerie de gros calibre, avions de combat, hélicoptères d'attaque, navires de guerre, missiles et systèmes de missile.
L'activité maritime de l'Iran sera sous haute surveillance en haute mer pour toutes les cargaisons maritimes jugées suspectes en provenance ou à destination de l'Iran.
Le document décline une série de mesures contraignantes pour l'Iran, ce qui fait dire au Conseiller du président Ahmadinejad que les sanctions visent principalement l'économie iranienne.
« Il n'y a aucune chance qu'une nouvelle résolution soit adoptée », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki.
Pour le directeur de l'agence iranienne de l'énergie atomique, le texte va lever les doutes des pays en développement quant aux intentions des grandes puissances. « Elles sediscréditent aux yeux de l'opinion en optant pour des sanctions », a expliqué Ali Akbar Salehi.
Le Brésil et la Turquie tentent de sauver l'entente
Le Brésil et la Turquie ont saisi par écrit mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU pour demander aux 15 pays membres de ne pas adopter de nouvelles sanctions contre l'Iran. Ils soulignent dans leur lettre qu'il est temps de donner une chance aux négociations et d'éviter des mesures nuisibles à la résolution pacifique de ce problème.
L'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a précisé que les nouvelles sanctions n'ont rien à avoir avec l'accord conclu lundi entre l'Iran, le Brésil et la Turquie, mais qu'elles étaient liées au refus de Téhéran de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium et à son projet de construction de dix nouvelles usines d'enrichissement d'uranium.
Paris et Bonn se sont félicités de l'avancement de ce projet. Au Canada, le ministère des Affaires étrangères a salué « les progrès réalisés au sujet des sanctions présentées au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a encouragé tous les membres à collaborer afin de parvenir à une résolution sur des sanctions qui force l'Iran à respecter ses obligations en vertu des résolutions de l'Agence internationale de l'énergie atomique et du Conseil de sécurité de l'ONU ».