![]() Journalistes:Ahmed Kouaou et Nada El-Khoury Mise à jour le lundi 10 mai 2010 à 14 h 41 Le contexteUn pouvoir sans partage depuis 1981 (celui de Hosni Moubarak), une opposition réduite au silence, une presse muselée ou amadouée, une répression systématique de toute voix dissonante, un pouvoir d'achat en perpétuelle érosion, un chômage endémique, une corruption généralisée, etc. Ce ne sont là que quelques fragments de la carte postale de l'Égypte d'aujourd'hui, un pays en pleine ébullition à la veille des élections présidentielles de 2011, que les observateurs qualifient déjà de décisives. Les espaces de liberté d'expression sont d'autant plus réduits que le pays vit sous l'État d'urgence depuis l'assassinat du président Sadate en 1981. Instauré initialement pour lutter contre le terrorisme, ce régime d'exception, qui n'est plus justifié selon l'opposition, restreint les libertés civiles et autorise les arrestations arbitraires. Il sert ainsi d'alibi au pouvoir en place pour justifier le verrouillage des champs politique et médiatique. La rue étant interdite, sinon périlleuse pour les opposants qui s'y aventurent, les Égyptiens sont de plus en plus nombreux à trouver refuge dans Internet pour dire, écrire et montrer des situations ou des événements embarrassants pour le pouvoir. Les jeunes, qui représentant 60 % de la population, sont les premiers à prendre d'assaut le web pour dire leur ras-le-bol. La toile se transforme alors en ultime retranchement pour une population désabusée. Et ce n'est pas fortuit si le vaste mouvement du 6 avril 2008, qui a paralysé plusieurs villes égyptiennes, est parti principalement d'Internet. Le mot d'ordre de grève avait été lancé sur Facebook avant de trouver écho chez des centaines de milliers de partisans dans le pays. L'Égypte n'avait jamais connu une aussi grande mobilisation depuis des décennies. Devant la forte mobilisation, syndicale et politique notamment, sur Internet, le pouvoir de Moubarak convoque les mêmes réflexes autoritaires : blogueurs et journalistes arrêtés, sites fermés, surveillance accrue des contenus, etc. Mais, visiblement, rien ne fait reculer cette nouvelle génération de dissidents. En dépit des nombreuses arrestations et des harcèlements continus, la blogosphère égyptienne, la plus importante du monde arabe, demeure vive et dynamique. Le changement en Égypte viendra-t-il d'Internet? Un régime autoritairePrésident depuis 1981, au grand dam du principe de l'alternance au pouvoir, le président Hosni Moubarak est de plus en plus décrié en raison de son pouvoir quasi pharaonique. Celui qui a déclaré qu'il aimerait rester chef d'État jusqu'à son dernier souffle a amendé la Constitution pour se présenter autant de fois qu'il veut à la présidence. L'opposition l'accuse maintenant de vouloir transformer le pays en monarchie, en préparant son fils Gamal à sa succession.
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Internet: refuge des opinions arabes
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Que disent les Arabes sur le web? Ce dossier présente des sites en arabe où les internautes peuvent s'exprimer sur ce qui les touche. * Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes Fil international en continuMis à jour il y a 3 heures 49 minutesCorrespondants à l'étranger
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