Des fermiers sénégalais, à Djilakh, au sud de Dakar.
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AFP/Georges Gobet
Les changements climatiques pourraient réduire à néant les progrès accomplis pour réduire la pauvreté et accroître la sécurité alimentaire sur le continent africain.
Les bouleversements du climat pourraient coûter au continent africain 14 % de son PIB et remettre en question les progrès accomplis pour réduire la pauvreté, selon un rapport des Nations unies.
C'est ce qui ressort d'un document présenté à la conférence régionale de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, qui se tient cette semaine à Luanda, en Angola.
L'une des observations les plus alarmantes concerne la disponibilité des denrées alimentaires : la hausse des températures et la plus grande imprévisibilité du climat auront pour effet de faire reculer les rendements agricoles. Les experts prévoient par exemple que la production de maïs, un aliment de base destiné à la consommation locale, pourrait diminuer de 6,9 %, d'ici 2020.
Selon la FAO, il n'est plus possible de continuer comme si de rien n'était. L'organisation exhorte les gouvernements africains à se préparer et à « accorder la priorité à des mesures ciblées sur l'essor de l'agriculture et la gestion durable des ressources naturelles ».
La FAO propose notamment de mettre l'accent sur la promotion et sur la protection des aliments traditionnels et locaux. L'agence de l'ONU recommande également de tirer profit des les savoirs agricoles.
Le continent le plus durement touché
Le document souligne par ailleurs une injustice bien connue des experts du climat : l'Afrique est le continent qui a le moins contribué aux gaz à effet de serre, mais qui sera le plus durement affecté par les changements climatiques.
On craint notamment que la hausse des températures y soit plus importante et que les périodes de sécheresse et de pluies soient exacerbées.
En Afrique, les deux tiers de la population vivent sur des territoires sujets à la sécheresse et la majorité des grandes villes africaines sont situées en bord de mer : des zones particulièrement vulnérables aux changements climatiques.
Autre injustice, selon la FAO : les citoyens les plus pauvres, ainsi que les femmes et les enfants - qui ont plus de difficulté à s'adapter - souffriront davantage de la perturbation du climat.