À Auckland, en Californie, une manifestante exprime son désaccord avec la loi sur l'immigration adoptée par l'État d'Arizona.
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La gouverneure de l'Arizona, Janice Brewer, promulgue une version amendée de la très controversée loi sur l'immigration de l'État. D'importantes manifestations contre cette législation sont prévues samedi.
La gouverneure de l'Arizona, Janice Brewer, a promulgué vendredi une version amendée de la loi très controversée sur l'immigration, adoptée la semaine dernière. Mme Brewer assure que les ambiguïtés du texte sont désormais levées.
Dans sa version originale, la loi autorisait les policiers à contrôler le statut migratoire d'un individu en cas de « doute raisonnable ». Les détracteurs de cette mesure ont dénoncé une légalisation du « délit de faciès ».
La nouvelle mouture du texte a été votée jeudi soir par les parlementaires de l'Arizona et signée vendredi par Mme Brewer. Elle conserve le principe du « doute raisonnable », mais limite le contexte dans lequel la police peut exercer ses contrôles.
Auparavant, le texte législatif permettait aux forces de l'ordre d'exercer un contrôle d'identité lorsqu'elles le jugeaient opportun. Désormais, les contrôles ne pourront être effectués qu'en cas de délit présumé.
Par ailleurs, le texte initial stipulait que les autorités « ne peuvent pas seulement considérer l'origine ethnique, la couleur ou la nationalité d'origine au moment d'appliquer la loi ». Dans sa nouvelle version, le mot « seulement » a été éliminé, interdisant ainsi de fait toute référence à « l'origine ethnique, la couleur ou la nationalité d'origine » pour justifier un contrôle.
Dans un communiqué, la gouverneure de l'Arizona assure que « ces changements répondent spécifiquement aux questions légales soulevées par ceux qui craignaient que le texte original puisse légaliser ou favoriser le délit de faciès ».
Les défenseurs des droits civils ne partagent pas cet avis. « Ce n'est pas parce que la loi dit qu'il ne peut y avoir de délit de faciès qu'il n'y en aura pas », a fait valoir Dan Pochoda, directeur juridique de l'Association américaine de défense des droits civiques (ACLU). « Nous savons très bien que certains membres des forces de l'ordre en Arizona se basent déjà sur l'origine ethnique pour prendre leurs décisions. »
La signature de la loi a déclenché une vague d'indignation aux États-Unis et dans plusieurs pays latino-américains, Mexique en tête. Plusieurs personnalités ont condamné publiquement le texte, en particulier les célébrités « latinos » du monde du spectacle telles Shakira, Ricky Martin ou Alejandro Gonzalez Inarritu.
Des manifestations contre la loi anti-immigration sont prévues samedi dans 21 États américains et deux provinces canadiennes. Le mot d'ordre des défilés sera « Todos somos Arizona » (« Nous sommes tous de l'Arizona », en espagnol) et la plus grande manifestation se tiendra à Los Angeles, où la police attend au moins 100 000 personnes.
En Arizona, Joe Arpaio, le shérif du comté de Maricopa, est le responsable d'une prison pour les immigrants illégaux. Ces derniers sont nourris deux fois par jour, couchent sous des tentes sans air conditionné et doivent porter des chaussettes et sous-vêtements roses.
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