Nouvelle crise politique

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et BBC
Le premier ministre belge Yves Leterme (archives) Le premier ministre belge Yves Leterme (archives)   © AFP/Jean-Christophe Verhaegen

La Belgique est à nouveau plongée dans une crise politique engendrée par un nouvel épisode du conflit linguistique entre francophones et néerlandophones.

Un des deux grands partis flamands de la coalition au pouvoir claque la porte, ce qui incite le premier ministre Yves Leterme à aller présenter sa démission au roi. Le conflit linguistique est au coeur du litige.

Le premier ministre Yves Leterme est allé présenter sa démission au roi Albert II, jeudi, après que le parti Open VLD, l'un des deux grands partis flamands représentés au gouvernement, eut annoncé jeudi qu'il claquait la porte de la coalition gouvernementale.

Le roi des Belges a fait savoir qu'il réservait sa démission pour le moment. Il pourrait ordonner la tenue de nouvelles élections ou inviter M. Leterme ou quelqu'un d'autre à former un nouveau gouvernement.

Un communiqué du palais indique que « le roi et le premier ministre ont souligné combien, dans les circonstances actuelles, une crise politique serait inopportune et porterait un grave préjudice d'une part au bien-être économique et social des citoyens et d'autre part au rôle de la Belgique sur le plan européen ».

Le parti Open VLD avait déclaré dans la nuit qu'il y avait « rupture de confiance » au sein de la majorité, faute d'avoir pu dégager « une solution négociée » dans le dossier des droits linguistiques des résidents de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

Ce problème empoisonne la vie politique belge depuis fort longtemps. La Flandre remet en cause les droits linguistiques spécifiques dont jouissent les minorités francophones dans cette banlieue historiquement flamande de Bruxelles au nom de l'intégrité linguistique et territoriale de leur région. Les francophones exigent des contreparties en échange.

Cette question a fait l'objet d'intenses tractations cette semaine entre les partis de la coalition gouvernementale, mais aucune solution formelle n'a été trouvée. Les libéraux flamands avaient posé un ultimatum au premier ministre Yves Leterme pour qu'il annonce une solution jeudi.

« Il n'y a pas d'autre issue que la démission du gouvernement », a déclaré à la presse le ministre des Finances Didier Reynders. « Il n'est pas facile de trouver un accord avec les partenaires néerlandophones, surtout quand ils sont nationalistes », a-t-il accusé.

La nouvelle crise politique survient au moment où la Belgique s'apprête à assurer la présidence tournante de l'Union européenne et où les formations flamandes indépendantistes progressent dans les sondages.

Un répit pour les femmes qui portent le voile intégral

Cette nouvelle crise politique entraînera le report du vote qui aurait fait de la Belgique le premier pays européen à interdire le port du voile islamique intégral dans ses espaces publics, soit dans la rue, les parcs, les commerces et les bâtiments publics. Un projet de loi en ce sens devait être adopté jeudi.

Le projet de loi, adopté dans un premier temps le 31 mars dernier par la commission parlementaire de l'Intérieur, évite d'interdire spécifiquement la burqa ou le niqab. Il préconise plutôt l'interdiction totale de tout vêtement cachant l'ensemble du visage, à l'exception des yeux, dans l'espace public.

Une contrevenante portant le voile intégral dans un espace public s'exposerait à une amende pouvant atteindre 15 ou 25 euros (20 ou 33 $CA) ou à une peine de sept jours de prison.

Un porte-parole du gouvernement français a fait savoir mercredi qu'un projet de loi interdisant le port du voile intégral dans tout l'espace public sera présenté en mai au Conseil des ministres.

Au Québec, le gouvernement Charest propose d'interdire aux femmes portant le niqab ou la burqa de solliciter un service offert par l'appareil gouvernemental du Québec. La loi interdirait aussi aux employés de l'État de porter un voile intégral.

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