Le dernier dictateur derrière les barreaux

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Reynaldo Bignone, dernier chef de la junte militaire argentine Reynaldo Bignone, dernier chef de la junte militaire argentine  Photo :  AFP/Juan Mabromata

Le dernier chef de la junte militaire argentine, Reynaldo Bignone, a été condamné mardi à 25 ans de prison pour son implication dans l'enlèvement, la torture et le meurtre de 56 personnes dans un camp de concentration clandestin à la fin des années 1970.

Reynaldo Bignone, dernier chef de la junte militaire argentine, est condamné à 25 ans de prison pour son implication dans l'enlèvement, la torture et le meurtre de prisonniers politiques.

Âgé de 82 ans, l'ancien général a été jugé pour des faits commis entre 1976 et 1978, avant qu'il ne devienne le président désigné de la junte militaire de 1982 à 1983. Reynaldo Bignone a remis le pouvoir en 1983 au président social-démocrate Raul Alfonsin, lors du retour de la démocratie.

Six autres anciens cadres du régime militaire, âgés de plus de 80 ans, ont écopé de 17 à 25 ans de prison. Ces derniers sont considérés comme les chefs du centre de détention clandestin des casernes du Campo de Mayo, dans l'ouest de Buenos Aires, où ont été incarcérés près de 4000 opposants, dont la majorité sont toujours portés disparus.

Avant l'énoncé du verdict, Reynaldo Bignone, qui refuse de reconnaître le tribunal civil, a dit préférer « être condamné plutôt que répudié par mes supérieurs et mes subalternes, qui ont combattu avec moi les horreurs de cette guerre contre le terrorisme ».

Reynaldo Bignone a admis une fois de plus que le régime est responsable de la disparition de milliers de personnes, rejetant toutefois le chiffre de 30 000 avancé par les associations de défenses des droits de l'homme.

« Il n'y en a pas eu plus de 8000 », a-t-il affirmé, ajoutant qu'environ 30 bébés ont été volés pendant la dictature. La justice estime cependant qu'il y en a eu plus de 500, dont 101 ont retrouvé leur identité.

« Justice est enfin faite », s'est félicitée Estela de Carlotto, présidente de l'organisation humanitaire des grands-mères de la Place de mai, qui se bat pour identifier ces bébés volés. « Vous allez connaître le même sort que les nazis, où que vous soyez, nous irons vous chercher », ont chanté des dizaines de proches de disparus et de militants des droits de l'homme après l'énoncé du verdict, avant de s'embrasser ou de fondre en larmes, a rapporté l'AFP.

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