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  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

La Russie souhaite geler l'adoption d'enfants russes par des citoyens américains après qu'une famille du Tennessee eut renvoyé à Moscou par avion l'enfant qu'elle avait adopté.

La Russie veut geler l'adoption d'enfants russes par des citoyens américains après qu'une famille du Tennessee eut renvoyé à Moscou par avion l'enfant qu'elle avait adopté.

Le petit Russe de 7 ans est arrivé à Moscou tout seul, avec une lettre qui aurait été écrite par sa mère adoptive.

Le jeune garçon de 7 ans, Artiom Saveliev, appelé Justin Artyom Hansen aux États-Unis, est arrivé dans la capitale russe, tout seul, avec une lettre qui aurait été écrite par sa mère adoptive, ont rapporté les médias russes. La missive est signée Torry Hansen.

« L'enfant est mentalement instable. Il est violent et souffre de problèmes psychotiques sévères. L'orphelinat russe m'a menti et trompée. [...] Après avoir donné le meilleur de moi-même à cet enfant, je suis désolée de dire que pour la sécurité de ma famille, de mes amis et la mienne, je ne veux plus m'en occuper. » — Torry Hansen, mère adoptive américaine

Les autorités russes ont indiqué qu'un homme avait conduit le garçonnet au ministère de l'Éducation. Peu après son arrivée, l'enfant a été emmené à l'hôpital pour être examiné. Selon la Commission russe des droits des enfants, il a soutenu que sa mère adoptive était « méchante » et qu'elle « ne l'aimait pas ». Il avait été adopté à l'orphelinat de Partizansk, dans l'est de la Russie en septembre, selon diverses agences.

L'affaire, largement traitée dans les médias russes, a scandalisé la population et les autorités. « La façon dont il a été traité est immorale », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Serguëi Lavrov.

Les adoptions sur la glace

Orphelinat en Russie

Le ministre Lavrov a précisé que son ministère prônait la suspension des adoptions par des Américains jusqu'à ce que les deux pays concluent un accord, qui établirait « les conditions sous lesquelles l'adoption peut avoir lieu » et « les engagements » des familles adoptives.

Washington a déjà refusé de négocier une entente en ce sens auparavant, mais cet événement est « la goutte qui fait déborder le vase », a ajouté le ministre Lavrov.

Le porte-parole du département américain d'État, Philip Crowley, a admis que cette affaire était « troublante ». « Nous aimerions voir ces adoptions se poursuivre, mais nous comprenons les inquiétudes de la Russie, et nous continuerons à travailler avec la Russie pour résoudre ces problèmes », a déclaré M. Crowley.

Les autorités américaines ont assuré qu'elles collaboreraient avec leurs homologues russes et avec les agences d'adoption internationale pour mieux protéger les enfants adoptés.

Moscou a dit vérifier si des lois avaient été brisées. Un porte-parole du ministère russe de l'Éducation a en outre indiqué à l'agence RIA Novosti que le gouvernement avait suspendu la licence de l'agence américaine World Association for Children and Parents, qui avait aidé à l'adoption du garçon.

Le shérif du comté de Bedford, au Tennessee, a de son côté indiqué Torry Hansen fait par ailleurs l'objet d'une enquête.

Selon Associated Press, c'est la grand-mère adoptive, Nancy Hansen, qui a conduit le garçon à l'aéroport de Washington. Elle a nié qu'il ait été abandonné, disant qu'un agent de bord s'en était occupé jusqu'à son arrivée en Russie. La famille a en outre versé 200 $ à un homme en Russie pour qu'il vienne l'accueillir à l'aéroport.

Elle a affirmé que son petit-fils avait des problèmes de comportement, qu'il donnait des coups de pied et de poing et qu'il proférait des menaces.

La Russie a resserré son processus d'adoption après la mort d'enfants russes, tués par leurs parents adoptifs américains.

  • En 2006, une femme de Virginie a été condamnée à une peine d'emprisonnement pour avoir battu à mort sa fillette de 2 ans, adoptée en Sibérie quelques mois plus tôt.
  • Deux ans plus tard, une femme de l'Utah était condamnée à purger une peine d'emprisonnement de 15 ans pour avoir tué un enfant russe qu'elle gardait.
  • Plus tôt cette année, un couple de Pennsylvanie a été accusé d'avoir tué le garçon russe de 7 ans qu'il avait adopté.

Quelques chiffres- En 2009, 1586 enfants russes ont été adoptés par des Américains. (Source : National Council for Adoption)

- En tout, les Américains ont adopté plus de 60 000 enfants originaires de Russie. (National Council for Adoption)

- La Russie occupe le 3e rang des pays où des citoyens américains adoptent des enfants. (Département d'État américain)

- 740 000 enfants sont sans autorité parentale en Russie, c'est-à-dire orphelins ou confiés à des organismes par des parents qui ne veulent ou ne peuvent pas les élever (UNICEF)

- Le problème de l'alcoolisme foetal de plusieurs enfants russes, notamment ceux confiés en adoption, est un phénomène connu. En 2003, le pédiatre Jean-François Chicoine, l'infirmière Patricia germain et la travailleuse sociale Johanne Lemieux, spécialisée en adoption internationale, écrivaient dans le livre L'enfant adopté dans le monde en quinze chapitres et demi: « À titre de comparaison, on diagnostiquera environ 20 syndromes d'alcoolisation foetale aux États-Unis pour 10 000 naissances, et on en repérera en Russie, 1000 à 2000 pour 10 000 naissances. Pas surprenant avec de tels chiffres que s'y compliquent donc et l'avenir de leur progéniture et celui de plusieurs enfants qui y sont adoptés. »

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