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Photo: AFP/Yuri Kadobnov De gauche à droite, l'émissaire du Quartette, Tony Blair, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, son homologue russe, Sergueï Lavrov, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton. |
Le Quartette pour la paix au Proche-Orient demande à Israël de cesser tout projet de colonisation, y compris ceux justifiés par la croissance naturelle de leur population, et d'arrêter d'évincer les populations palestiniennes de Jérusalem-Est, annexé par l'État hébreu au terme de la guerre de 1967.
C'est ce qu'a indiqué le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, au terme d'une rencontre du Quartette tenue à Moscou. Le groupe, qui réunit les Nations unies, les États-Unis, la Russie, et l'Union européenne, a pour objectif de relancer les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens.
La rencontre n'a cependant pas eu l'ampleur espérée au départ par les organisateurs russes. La situation déjà tendue entre Israéliens et Palestiniens s'est dégradée davantage au début du mois lorsqu'Israël a confirmé son intention de construire 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est.
Cette décision, illégale en vertu du droit international, a anéanti à court terme tout espoir de reprise des négociations, même sur une base indirecte. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem la capitale d'un futur État palestinien. Le statut de la ville et l'expansion sont parmi les principales pommes de discorde entre les deux peuples.
Les actions unilatérales entreprises par l'une ou l'autre des parties ne peuvent préjuger du résultat des négociations et ne seront pas reconnues par la communauté internationale.
— Ban Ki-moon
Dans une courte déclaration commune lue après la rencontre de Moscou, le secrétaire général des Nations unies a aussi dit que « le Quartette est profondément inquiet de la détérioration de la situation à Gaza, y compris la situation humanitaire et la situation des droits de la personne, et souligne l'urgence de parvenir à une solution durable à la crise ».
Des avions israéliens ont bombardé au moins six sites de la bande de Gaza, vendredi, faisant deux blessés légers. Le raid a été effectué au lendemain d'un tir de roquette qui a coûté la vie à un travailleur agricole dans le sud d'Israël.
M. Ban a exprimé au nom du Quartette le souhait que des pourparlers entre Israéliens et Palestiniens se concluent par un règlement négocié d'ici 24 mois. Ce règlement, a-t-il précisé, devra mettre un terme « à l'occupation entreprise en 1967 et entraîner la création d'un État palestinien indépendant, démocratique et viable vivant en paix aux côtés d'Israël et de ses autres voisins. »
Les pourparlers de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne sont compliqués encore davantage par le fait que cette dernière n'exerce plus aucun pouvoir dans la bande de Gaza depuis que le Hamas a vaincu militairement les forces de sécurité fidèles au Fatah après une brève guerre civile au printemps 2007. L'Autorité palestinienne ne contrôle maintenant que la Cisjordanie.
L'Autorité palestinienne satisfaite
L'Autorité palestinienne s'est félicitée de la déclaration du Quartette pour le Proche-Orient. « Nous demandons au Quartette de transformer ce communiqué en mécanisme contraignant sur le terrain de façon à ce qu'Israël applique ses engagements et notamment en gelant toutes ses activités de colonisation [...] en Cisjordanie et à Jérusalem-Est », a déclaré à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat.
Il a dit souhaiter que le Quartette mette sur pied un système de surveillance afin de s'assurer qu'Israël cesse toute colonisation. « Nous demandons au Quartette qu'il s'assure, via [ce système] de surveillance, qu'il y ait un gel total de la colonisation parce qu'Israël, avec sa politique de colonisation, défie [...] la communauté internationale ».
M. Erekat affirme qu'il est nécessaire de mettre un terme à la politique de « fait accompli » d'Israël. Il accuse le gouvernement du premier ministre Benyamin Nétanyahou de « continuer à tromper la communauté internationale en disant avoir arrêté ses appels d'offres [pour la construction de logements dans des colonies] alors que la colonisation se poursuit sur le terrain ».
Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a accueilli froidement la déclaration du Quartette. « On ne peut pas imposer artificiellement un règlement et un calendrier irréaliste. Cela ne fait qu'éloigner les perspectives de paix », a-t-il déclaré devant une assemblée juive à Bruxelles.
Peuplée en majorité par les Palestiniens, la partie orientale de Jérusalem a été conquise, puis annexée par Israël en 1967, au terme de la guerre des Six Jours, perdue par ses voisins arabes. Une grande partie de la communauté internationale ne reconnaît pas cette annexion et considère cette partie de la ville comme un territoire occupé, tout comme les Palestiniens.
Ces derniers veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur éventuel État indépendant. Les Israéliens considèrent pour leur part Jérusalem comme une « ville entière et unifiée », dont ils défendent l'indivisibilité. Au fil des ans, ils ont exproprié les Palestiniens sur des centaines d'hectares de terre, élargissant ainsi les limites de la ville pour y construire des quartiers juifs.
L'appellation ne désigne pas avant tout une réalité géographique, mais réfère plutôt à la ligne de démarcation de l'armistice établie à la fin de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, qui coupa la ville en deux.
Selon deux sondages effectués cette semaine, une courte majorité d'Israéliens s'oppose à un gel de la colonisation à Jérusalem-Est.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters
Les origines du conflit entre le Hamas et Israël
La colonisation à Jérusalem-Est (AFP)Les colonies de peuplement juives dans le secteur arabe de la ville
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