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Photo: AFP/Gali Tibbon Des ouvriers palestiniens construisent des maisons dans la colonie juive de Jérusalem-Est Ramat Shlomo. |
Israël n'a pas l'intention d'annuler le projet immobilier de 1600 logements à Jérusalem-Est, dont l'annonce, la semaine dernière, a suscité des tensions diplomatiques avec les États-Unis.
Le premier ministre a précisé que son gouvernement n'avait aucune intention de freiner la construction de logements juifs dans ce secteur à majorité arabe de la ville.
Benyamin Nétanyahou a justifié les nouvelles constructions en faisant état d'un consensus parmi les partis politiques israéliens pour considérer cette zone comme partie intégrante de l'État juif.
La construction continuera à Jérusalem, comme cela a été le cas pendant ces 42 dernières années.
— Benyamin Nétanyahou
Les déclarations du premier ministre israélien ont suscité une vive réaction des Palestiniens, qui ont lié d'éventuelles négociations au gel de la colonisation. « Cette politique ne crée pas l'atmosphère appropriée pour la reprise du processus de paix », a déclaré un porte-parole du président palestinien.
L'Union européenne (UE), qui fait partie du quartet international soutenant le processus de paix, a de son côté condamné le projet d'habitation. Dans un discours prononcé au Caire devant des responsables de la Ligue arabe, la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères l'a qualifié d'« illégal ». Selon elle, il compromet la relance des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens.
Le département d'État américain a préféré ne pas réagir pour le moment aux plus récentes déclarations. La secrétaire d'État Hillary Clinton « a demandé une réponse formelle au gouvernement israélien, et nous attendons cette réponse », a déclaré un porte-parole. Celui-ci s'est contenté dans l'immédiat de souligner qu'Israël était « un allié stratégique des États-Unis et le restera ».
Peuplée en majorité par les Palestiniens, la partie orientale de Jérusalem a été conquise, puis annexée par Israël en 1967, au terme de la guerre des Six jours, perdue par ses voisins arabes. Une grande partie de la communauté internationale ne reconnaît pas cette annexion et considère cette partie de la ville comme un territoire occupé, tout comme les Palestiniens.
Ces derniers veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur éventuel État indépendant. Les Israéliens considèrent pour leur part Jérusalem comme une « ville entière et unifiée », dont ils défendent l'indivisibilité. Au fil des ans, ils ont exproprié les Palestiniens sur des centaines d'hectares de terre, élargissant ainsi les limites de la ville pour y construire des quartiers juifs.
L'appellation ne désigne pas avant tout une réalité géographique, mais réfère plutôt à la ligne de démarcation de l'armistice établie à la fin de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, qui coupa la ville en deux.
Tourmente diplomatique
Les deux alliés n'en traversent pas moins une période de tension, alors que le projet de colonisation avait été annoncé en pleine visite du vice-président américain Joe Biden, sur place pour relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens.
Plusieurs membres de l'équipe du président Barack Obama, dont Joe Biden, la secrétaire d'État Hillary Clinton et le principal conseiller du président, David Axelrod, ne se sont pas gênés pour critiquer en des termes très durs le projet de colonisation de 1600 logements et le moment choisi pour l'annoncer.
Si Benyamin Nétanyahou a déclaré dimanche que le différend était déjà chose du passé, telle n'est pas l'opinion de l'ambassadeur d'Israël à Washington, Michael Oren, un historien du Proche-Orient reconnu.
Les relations entre Israël et les États-Unis sont plongées dans la crise la plus grave depuis 1975.
— L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Michael Oren, cité par les médias israéliens
L'ambassadeur faisait ainsi référence à l'époque où Washington avait contraint Israël à se retirer partiellement du Sinaï égyptien, alors occupé par l'État hébreu.
Les républicains en mode attaque
La tourmente diplomatique a nourri les salves des élus républicains au Congrès contre l'administration Obama. Plusieurs d'entre eux ont pris leur plume, lundi, pour défendre l'allié israélien. Il est « difficile de considérer le fait de passer un week-end à condamner Israël pour une décision de zonage dans sa capitale comme un pas en avant vers la paix », a par exemple écrit dans un communiqué le sénateur Sam Brownback.
Les États-Unis seraient mieux de s'occuper de transférer l'ambassade américaine à Jérusalem et de s'attaquer à « la menace nucléaire iranienne croissante », a-t-il ajouté.
« Les condamnations américaines d'Israël et les menaces sur nos relations bilatérales nuisent à la fois à nos alliés et au processus de paix, tout en encourageant les ennemis d'Israël et des États-Unis », a pour sa part estimé Ileana Ros-Lehtinen, la plus haute représentante républicaine à la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.
Elle s'est dite « inquiète » de « la manière adoucie » dont Washington s'adresse à l'Autorité palestinienne, la Syrie et l'Iran.
Le premier ministre Nétanyahou s'est abstenu de critiquer ouvertement le président Obama et a demandé à ses ministres de ne pas s'exprimer sur cette affaire.
Cela n'a pas empêché un ministre de son parti, interviewé sous couvert d'anonymat par le quotidien Maariv, d'accuser le président américain de « chercher à faire tomber le gouvernement Netanyahou » et d'exploiter la crise pour obtenir des concessions d'Israël dans le processus de paix.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse
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