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Photo: AFP/Cecilia Del Olmo/Archive Une patrouille militaire au Mexique (archives) |
Des journalistes de l'État mexicain de Tamaulipas, à la frontière du Texas, sont victimes d'une vague d'enlèvements attribués aux narcotrafiquants, selon un rapport de deux organisations de reporters publié mercredi.
Huit disparitions de journalistes ont été signalées entre le 18 février et le 3 mars, sans toutefois être confirmées par les autorités, ont indiqué Reporters sans frontières et la Société interaméricaine de presse (SIP), un organisme basé aux États-Unis qui défend la liberté de presse dans les Amériques.
Trois d'entre eux, dont un est mort, ont été libérés par leurs ravisseurs, mais cinq de leurs collègues manquent toujours à l'appel, indiquent les deux organismes.
Les autorités judiciaires de l'État ont cependant indiqué n'avoir reçu de plainte que pour un seul enlèvement, celui de Miguel Angel Dominguez, du quotidien El Manana de Reynosa, survenu le 1er mars.
Si les autorités du Tamaulipas reconnaissent par ailleurs la mort de Jorge Rabago, 49 ans, là s'arrêtent les ressemblances entre leur version et celle des deux organisations de presse.
Une mort, plusieurs versions
Selon la version officielle, Jorge Rabago est décédé à l'hôpital après avoir été victime d'un évanouissement.
Or, selon la SIP, le journaliste, qui travaillait pour la station locale Radio-Rey et pour Reporteros en la Red, aurait plutôt succombé aux blessures infligées par ses ravisseurs une fois rendu à l'hôpital.
Le reporter, qui aurait été enlevé le 19 février, « présentait des traces de torture et se trouvait dans le coma », a pour sa part indiqué à l'Agence France presse un de ses confrères qui a requis l'anonymat.
Jorge Rabago serait ainsi le quatrième journaliste tué au Mexique cette année. En 2009, l'ONG mexicaine Cencos (Centre de communication sociale) avait répertorié au moins 11 assassinats de journalistes.
La majorité de ces meurtres est généralement attribuée aux cartels de la drogue et à la guerre que se livrent les bandes rivales pour le contrôle du trafic.
Deux policiers, quatre adolescents, un fonctionnaire mexicain et un Américain ont été tués par balle au cours des dernières heures à Piedra Negras, dans le nord du Mexique, au cours de violences liées au trafic de drogue, ont annoncé les autorités mexicaines.
Depuis décembre 2006, date à laquelle le président mexicain Felipe Calderon a décidé de s'attaquer aux trafiquants de drogue, 17 900 personnes ont été assassinées, principalement dans le nord du pays.
La vague d'enlèvements sème la terreur au sein des médias du Tamaulipas, ce qui explique que plusieurs journalistes n'acceptent de parler que sous le couvert de l'anonymat et certains refusent même de commenter les récents développements.
Un porte-parole de l'Union des journalistes démocratiques à Tamaulipas a, par exemple, refusé de parler, invoquant des questions de « sécurité personnelle ».
La SIP se dit « alarmée » de la gravité de ces attaques qui visent des journalistes et les attribue « en grande partie à l'inaction des autorités et au haut niveau d'impunité qui prévaut ». L'organisation appelle le gouvernement mexicain à « agir de toute urgence et avec force pour secourir les journalistes et garantir la liberté d'expression ».
De son côté, Reporters sans frontières dit craindre « que la liberté de la presse ne survive pas à une situation qui s'apparente de plus en plus à celle de Ciudad Juárez, autre bastion sanglant du narcotrafic ».
L'organisation considère le Mexique comme le pays le plus meurtrier du continent pour les journalistes.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et El Informador (quotidien mexicain)
* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
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