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Photo: AFP/AHMAD AL-RUBAYE Opération de dépouillement des législatives irakiennes |
Cinq jours après la tenue du scrutin législatif en Irak, les résultats, encore partiels, tombent au stilligouttes. Ils mettent au coude à coude la liste du premier ministre sortant Nouri al-Maliki et celle du chiite laïc Iyad Allaoui.
Selon ces résultats partiels, l'Alliance de l'Etat de droit (AED) de Nouri al-Maliki est en tête dans deux provinces chiites du sud, à Najaf et Babylone, tandis que le Bloc irakien de M. Allaoui l'a emporté à Salaheddine et Diyala, deux gouvernorats à majorité sunnite au nord de Bagdad.
Dans une autre province chiite du sud, Missane, l'Alliance nationale irakienne (ANI) composée de partis religieux chiites, dont le mouvement du chef radical Moqtada Sadr, mène devant les listes de MM. Maliki et Allaoui, selon M. Kinani.
L'AED et le Bloc irakien clament un avantage sur leur rival. « Selon nos estimations, nous avons obtenu de 100 à 104 sièges », affirme M. Sneid. Pour Intissar Allaoui, candidate du Bloc irakien et proche de M. Allaoui, son parti est au contraire en tête, avec 90 sièges remportés contre 75 pour l'AED.
L'alliance Irakia d'Allaoui, où figurent des personnalités sunnites en vue, dont le vice-président Tarek al Hachemi, a encore une fois vendredi dénoncé des « fraudes flagrantes et massives » observées au cours des opérations de dépouillement.
« Il y a des fraudes flagrantes et claires (...) Des personnes manipulent et changent les chiffres pour augmenter les bulletins en faveur de la liste de l'Etat de droit », a affirmé à l'AFP Intissar Allaoui.
« Des bulletins de vote ont été trouvés dans des poubelles à Kirkouk (nord) et ils étaient tous en faveur de la liste du Bloc irakien. Dans un premier temps, les électeurs n'ont pas trouvé leur nom dans les bureaux de vote et maintenant ils modifient les résultats », a-t-elle insisté, désignant la commission électorale.
Des accusations de fraudes réfutées et jugées « exagérées » par l'AED du Premier ministre sortant Nouri al-Maliki.
N'empêche, un eurodéputé conservateur britannique, Struan Stevenson, président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l'Irak, avait confirmé jeudi ces fraudes. Il est revenu à la charge vendredi en faisant part de son intention d'inviter la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton à dénoncer « une fraude massive » dans le résultat des élections en Irak.
M. Stevenson a déclaré avoir rassemblé un rapport de 35 pages avec des photos et des témoignages de personnels employés dans des bureaux de vote et de policiers démontrant, selon lui, qu'une campagne a été organisée à une vaste échelle pour fausser le résultat des élections et empêcher la liste du chiite laïc Iyad Allaoui de remporter les législatives.
De l'avis de l'eurodéputé conservateur, l'Iran serait impliqué dans cette fraude.
L'Alliance nationale irakienne (ANI-chiite) regroupe 30 mouvements et partis, dont l'Assemblée Suprême Islamique Irakienne présidée par Sayed d'Ammar Hakim, le mouvement al-Sadr de Sayed Moktada al-Sadr et le Congrès national irakien d'Ahmad Chalabi. L'ANI a présenté 547 candidats dans 15 provinces.
L'Alliance pour l'État de Droit (AED) est présidée par le premier ministre Nouri al-Maliki et comprend 36 partis et groupes politiques, dont le Parti al-Dawa. L' Alliance pour l'État de Droit présente 400 candidats dans 15 provinces.
Le Bloc irakien est dirigé par l'ancien premier ministre chiite, Iyad Allaoui, et regroupe 20 partis et groupes politiques, dont la Liste nationale irakienne. Le Bloc irakien présente 530 candidats dans 15 provinces.
La Liste de l'Alliance kurde est formée de la coalition du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et de l'Union patriotique du Kurdistan. Cette coalition regroupe 13 groupes politiques. L'Alliance kurde présente 365 candidats dans 11 provinces.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters
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