Le vice-président américain Joe Biden (à gauche) et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lors d'une conférence de presse le 9 mars 2010
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AFP/David Furst
« M. Nétanyahou [le premier ministre israélien] a appelé [...] M. Biden [le vice-président américain] et les deux hommes sont convenus que la crise est derrière nous », selon le bureau du premier ministre.
La crise diplomatique entre Israël et les États-Unis à propos de l'annonce de 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est est terminée à la suite des regrets prononcés par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
Le premier ministre israélien avait auparavant fait part de ses « regrets » au vice-président américain pour « l'annonce malheureuse » de la construction de 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est annexée.
M. Nétanyahou a réprimandé son ministre de l'Intérieur Eli Yishai pour avoir annoncé le projet durant le séjour de M. Biden, qui avait pour mission de relancer les pourparlers israélo-palestiniens.
Joe Biden a dit être satisfait des regrets d'Israël. Et, dans un discours jeudi à l'Université de Tel-Aviv, M. Biden a affirmé que les États-Unis n'avaient pas « de meilleur ami » qu'Israël.
Cependant, M. Nétanyahou n'a pas l'intention de revenir sur ce projet. Il a indiqué que le lancement du projet de construction prendrait « probablement plusieurs années ».
L'Autorité palestinienne a rejeté jeudi les déclarations d'Israël exprimant des regrets auprès de Washington.
« Le communiqué [israélien] est inacceptable parce qu'il parle d'une erreur de calendrier et non d'une erreur sur le fond, qui est la poursuite de la colonisation et qui doit cesser », a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat.
« La poursuite de la colonisation est une erreur, ce n'est pas une question de calendrier, parce que les colonies sont de toute façon illégales », a ajouté M. Erakat.
Pas de négociations
La décision d'Israël d'agrandir la colonie de Jérusalem-Est a eu un effet immédiat chez les Palestiniens : le président Mahmoud Abbas refuse d'aller de l'avant dans les négociations indirectes avec Israël.
C'est le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui en a fait l'annonce au terme d'une réunion d'urgence au Caire, mercredi soir. Les délégués de la Ligue ont indiqué que la reprise des discussions dépendra de l'arrêt, par Israël, de l'extension de ses colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
De son côté, Joe Biden avait estimé que la décision d'Israël de construire de nouveaux logements dans un quartier à Jérusalem-Est « [sapait] la confiance nécessaire » au dialogue israélo-palestinien.
« Je condamne la décision du gouvernement israélien de faire avancer ses plans pour de nouveaux logements à Jérusalem-Est », a affirmé M. Biden.
Le ministère israélien de l'Intérieur a approuvé mardi la construction de 1600 nouveaux logements à Ramat Shlomo, un quartier de colonisation peuplé en majorité d'Arabes et annexé par Israël en 1967. La communauté internationale ne reconnaît pas cette annexion.
L'annonce de ce projet a suscité une désapprobation au sein même du gouvernement israélien. Le cabinet du ministre de la Défense, Ehoud Barak, a exprimé sa colère par communiqué.
« L'entourage du ministre de la Défense, Ehoud Barak, exprime sa colère après l'annonce superflue [de ce projet] qui perturbe les négociations de paix avec les Palestiniens, des négociations du plus haut intérêt pour Israël », indique ce texte.