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Changements climatiques
Le GIEC sous surveillance

Mise à jour le jeudi 11 mars 2010 à 4 h 31

Rajendra Pachauri prenant la parole à une session du GIEC, en 2007, avec à sa gauche Ban Ki-moon

Photo: AFP/Diego Tuson

Rajendra Pachauri prenant la parole à une session du GIEC, en 2007, avec à sa gauche Ban Ki-moon

L'ONU a confié à une organisation scientifique internationale la supervision des travaux de son Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), récemment critiqué pour certaines erreurs.

Le secrétaire général Ban Ki-moon a indiqué mercredi qu'il avait demandé au Conseil interacadémique (InterAcademy Council, IAC) d'effectuer une étude « sur les procédures et méthodes » suivies par le GIEC, dont les recherches servent de base à la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (UNFCCC).

L'IAC

Basé aux Pays-Bas, l'InterAcademy Council a été créé par des académies scientifiques nationales du monde entier. L'organisme produit à l'intention des gouvernements et des organisations internationales des rapports sur les grands enjeux scientifiques et technologiques.

Le GIEC, colauréat 2007 du prix Nobel de la Paix avec l'ancien vice-président Al Gore, avait dû reconnaître qu'il avait commis une « regrettable erreur » en affirmant dans un rapport de 2007 que les glaciers de l'Himalaya « pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant ». L'organisme avait faire son mea culpa après qu'un quotidien britannique eut révélé que cette échéance n'était fondée sur aucune recherche valide, ce qui avait donné des munitions aux sceptiques du réchauffement climatique.

En novembre 2009, le GIEC a également été confronté au Climategate, alors que des scientifiques ont été accusés d'avoir manipulé leurs données pour accréditer la thèse du réchauffement climatique.

Ban Ki-moon a cependant réaffirmé l'existence du réchauffement climatique. « Que ce soit bien clair : la menace posée par le changement climatique est réelle. Rien de ce qui a été affirmé ou révélé dans les médias récemment ne modifie le consensus scientifique de fond sur le changement climatique », a-t-il soutenu.

Le « petit nombre d'erreurs » constatées « ne diminue pas non plus l'importance du travail du GIEC », a-t-il ajouté. Il n'y a selon lui « aucune preuve crédible qui permette de remettre en cause [les] conclusions » du rapport, qui affirmait que l'activité humaine était pour une large part responsable du réchauffement.

« Nous devons assurer une totale transparence, exactitude et objectivité, et minimiser le potentiel d'erreur », a dit M. Ban pour expliquer sa décision.

Afin de désamorcer la polémique entourant les travaux du GIEC, l'ONU avait fait part le mois dernier de son intention de « solidifier » les recherches sur lesquelles se base l'UNFCCC.

Aux côtés de Ban Ki-moon, l'Indien Rajendra Pachauri, qui dirige le GIEC, a salué l'annonce de mercredi, affirmant que son groupe était « réceptif et sensible » aux critiques. Il a par ailleurs indiqué que le cinquième rapport de l'organisme, en cours de réalisation, devra « satisfaire à des critères scientifiques objectifs, crédibles et solides ».

Il a lui aussi réaffirmé que les erreurs commises ne remettaient pas en cause les conclusions passées des travaux du GIEC.

Le codirecteur de l'IAC, Robbert Dijkgraaf, a de son côté précisé que le Conseil devrait s'assurer qu'à l'avenir, les États reçoivent du GIEC « des conseils scientifiques bien fondés ». Soulignant que l'IAC se bornerait à recommander des améliorations des procédures du GIEC, il a fixé à la fin août la date de remise de son rapport.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse

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Climategate : le faux scandale

Billet de Yanick Villedieu

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