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Myanmar
Aung San Suu Kyi écartée des élections

Mise à jour le mercredi 10 mars 2010 à 18 h 12

Des partisans de Aung San Suu Kyi réclament sa libération à l'occasion d'une manifestation, le 8 mars, aux Philippines.

Photo: AFP/JAY DIRECTO

Des partisans de Aung San Suu Kyi réclament sa libération à l'occasion d'une manifestation, le 8 mars, aux Philippines.

La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi ne pourra pas participer aux prochaines élections au Myanmar. La junte au pouvoir vient d'adopter une loi électorale qui stipule que quiconque purge une peine de prison ne peut appartenir à un parti.

Or, la lauréate Suu Kyi fait partie de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et purge depuis août 2009 une peine qui l'assigne à résidence pour 18 mois.

Le parti de Aung San Suu Kyi n'a pas encore annoncé s'il comptait participer au scrutin. Les dernières élections en 1990 avaient justement été remportées par Aung San Suu Kyi et son parti, mais la junte avait refusé de céder le pouvoir.

L'opposante de 64 ans a passé 14 des 20 dernières années en détention. Sa résidence surveillée devrait normalement se terminer en novembre prochain.

La communauté internationale en colère

La nouvelle loi électorale décrétée par la junte a suscité la colère dans la communauté internationale. L'Angleterre et les États-Unis ont exprimé déception et regret.

« La loi sur l'enregistrement des partis politiques vire à la parodie de démocratie et va dénuer les prochaines élections de toute crédibilité », a déclaré le porte-parole du département d'État américain, Philip Crowley.

La junte avait annoncé son intention de tenir des élections en 2010 pour arrondir les angles avec la communauté internationale. Cependant, la date du scrutin n'est toujours pas connue et la junte s'inquiète du climat social miné par un mouvement de grève dans le secteur textile.

Un climat social plombé par des grèves

Depuis le 8 février, une vingtaine d'entreprises de confection de Rangoon ont été affectées. Les employés réclament de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

« Notre grève n'a rien à voir avec la démocratie ou les élections », explique Khin Kyaw, employé dans une usine. « Aucun de nous ne souhaite la fermeture de nos usines. Si cela arrive, nous serons bien plus touchés que nos employeurs. »

Le chiffre d'affaires de l'industrie textile birmane a chuté d'environ 75 % depuis l'imposition des sanctions internationales en raison des atteintes de la junte aux droits de la personne.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Presse canadienne et Reuters

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