D'une puissance à déplacer les villes

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Une autoroute endommagée au Chili après le séisme du 27 février 2010. Une autoroute endommagée au Chili après le séisme du 27 février 2010.   © AFP/Daniel Garcia

Le séisme de magnitude 8,8 qui a frappé le centre-sud du Chili, le 27 février dernier, a déplacé la ville de Concepción de plus de trois mètres vers l'ouest.

Le séisme de magnitude 8,8 qui a frappé le Chili, il y a 10 jours, a littéralement « déplacé » plusieurs villes, révèle une étude scientifique. Ainsi, Concepción aurait bougé de 3 mètres vers l'ouest.

Une étude de scientifiques chiliens et américains diffusée lundi par l'Université de l'État d'Ohio indique que Concepción, la deuxième ville du Chili, se situe maintenant 3,04 mètres plus à l'ouest qu'avant le séisme. La capitale Santiago s'est quant à elle déplacéee de 27,7 cm vers l'ouest.

Même les pays voisins n'ont pas été épargnés par la puissance du séisme. Buenos Aires, la capitale argentine, s'est par exemple déplacée de 4 cm vers l'ouest. Des déplacements ont été constatés aussi loin qu'aux îles Malouines, à quelque 500 km des côtes argentines, dans le sud-est du pays.

Ce déplacement des villes n'est pas le seul effet secondaire particulier du tremblement de terre chilien. La semaine dernière, un scientifique de la NASA a affirmé que la puissance du séisme avait fait dévier l'axe de rotation de la Terre de 8 cm, entraînant ainsi un raccourcissement de la durée de la journée terrestre de 1,26 microseconde (une microseconde équivaut à un millionième de seconde).

Retour en classe

Environ deux millions d'enfants chiliens ont repris le chemin de l'école lundi. À l'échelle du pays, le ministère de l'Éducation a évalué à 80 % la proportion d'élèves qui étaient de retour en classe, souvent relogés dans d'autres locaux.

Les enseignants ont été « préparés » pour aider les jeunes « potentiellement choqués » par le séisme, a indiqué le ministère, qui a indiqué que les enfants seraient invités à exprimer ce qu'ils avaient vécu.

Dans la capitale, environ 7000 enfants ont dû être envoyés dans d'autres établissements scolaires. Pour certains, cette situation ne durera que quelques semaines, mais d'autres devront passer toute leur année scolaire dans un autre établissement, a précisé le maire de Santiago.

Dans les régions du centre-sud du Maule et du Bio Bio, les plus durement touchées par la catastrophe, la rentrée sera toutefois retardée jusqu'à la fin mars, voire la fin avril dans certains cas. Plusieurs écoles sont à reconstruire ou encore à reloger temporairement, le temps que s'achèvent les travaux.

La ministre de l'Éducation n'a pas chiffré le coût de la reconstruction des écoles, mais les analystes évaluent que celui-ci devrait compter pour une très large part de la facture globale de 1,2 milliard de dollars prévue pour la réfection des infrastructures.

Après le pillage, la restitution

Les autorités de Concepción ont par ailleurs annoncé avoir récupéré l'équivalent de 35 camions de marchandises volées dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre. Les biens récupérés sont évalués à plus de 2 millions de dollars.

Les forces de l'ordre avaient menacé de fouiller les maisons et d'arrêter les voleurs si les objets pillés n'étaient pas restitués. Les policiers ont sillonné les quartiers pauvres de la ville pour lancer leur ultimatum. Plusieurs habitants ont rendu des matelas, des réfrigérateurs ou encore des écrans plats de télévision.

La présidente sortante, Michelle Bachelet, avait prévenu que les coupables risquaient de deux à cinq ans de prison.

Plusieurs milliers de rescapés, dont des grands-mères et des enfants en bas âge, ont participé aux pillages. Les policiers s'étaient contentés d'assister à la scène, impuissants, exhortant les gens à ne prendre que la nourriture dont ils avaient besoin. Les soldats étaient finalement arrivés et avaient rétabli l'ordre.

Par ailleurs, le président élu Sébastian Pinera a tenté de justifier le déploiement de 14 000 soldats dans les régions touchées par le séisme. Alors que des voix s'élèvent pour critiquer le recours à l'armée, il a déclaré que les préjugés contre les militaires devaient cesser.

Le séisme qui a frappé le Chili il y a une dizaine de jours est le cinquième, en terme de puissance, enregistré depuis qu'il existe des instruments de mesure pour évaluer leur magnitude, soit depuis environ un siècle. La catastrophe a été suivie de centaines de répliques, certaines de magnitude 6 ou plus.

Selon les derniers chiffres du gouvernement, la mort de 497 personnes dûment identifiées a été confirmée. En tenant compte des victimes non identifiées, le bilan se porte à 802 morts.

Le deuil national entamé dimanche s'achèvera la veille de l'investiture du nouveau président, qui sera chargé de la reconstruction.

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