Les autorités de l'État central du Plateau affirment que plus d'une centaine de villageois chrétiens ont été massacrés dimanche matin au sud de la ville de Jos, pour des raisons encore inconnues.
Plus d'une centaine de villageois chrétiens ont été massacrés dimanche matin au sud de la région de Jos, dans l'État central du Plateau, pour un mobile encore non précisé.
Afin de prévenir une extension du conflit, l'état d'alerte a été décrété dans la région.
Des survivants ont déclaré à Reuters que le village de Dogo Nahawa avait été attaqué durant la nuit par des paysans musulmans de l'ethnie Fulani. Ces derniers auraient ont tiré en l'air pour faire sortir les villageois, pour ensuite les massacrer à coups de machette.Le correspondant de l'agence qui s'est rendu à Dogo Nahawa a aussi recensé une centaine de corps entassés en plein air.
« Il y a eu une attaque à Dogo Nahawa (...) les gens ont été tués par dizaines, la plupart sont des femmes et des enfants, dont certains ont moins d'un an. De nombreuses maisons ont été brûlées, c'est maintenant un village fantôme », a indiqué à l'Agence France Presse une source du gouvernement de l'État du Plateau, qui a demandé l'anonymat.
Les informations demeurent toutefois incomplètes. Le responsable de la Ligue des droits de l'Homme à Jos, une organisation locale, Shamaki Gad Peter, a déclaré que trois villages avaient été attaqués et que de nombreuses victimes avaient été attaquées à la machette et brûlées. Le bilan des victimes pourrait donc être beaucoup plus élevé.
Des témoins affirment que les assaillants sont des pasteurs de l'ethnie Fulani, généralement des nomades, et que les attaques visaient des populations de l'ethnie Berom, des sédentaires.
La région est régulièrement le théâtre de violences interethniques ou interconfessionnelles.
En janvier dernier, des affrontements entre chrétiens et musulmans ont fait plus de 300 morts dans cette région, située à la charnière entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, à prédominance chrétienne.
Ce massacre illustre l'instabilité du pays et le manque d'autorité centrale. Il s'agit d'une bien mauvaise nouvelle pour le président intérimaire Goodluck Jonathan qui tente d'asseoir son autorité sur le pays, à un an de l'élection présidentielle.
Le président en titre, Umaru Yar'Adua, qui est rentré d'Arabie saoudite après trois mois de soins, n'est toujours pas en mesure de reprendre les commandes.