Des femmes passent devant une maison détruite par une bombe en se rendant voter.
Une succession d'attentats à la bombe et au mortier ont fait une quarantaine de morts et une centaine de blessés en Irak, dimanche, où se déroulaient des élections législatives cruciales pour la fragile démocratie du pays.
Le président américain a salué le courage des Irakiens qui ont voté en grand nombre, malgré les nombreux attentats, pour renouveler leur Parlement, y compris dans les régions sunnites.
Ces attaques meurtrières, qui ont commencé dès l'aube, n'ont pas empêché les Irakiens de se rendre aux urnes.
Les bureaux de scrutin sont maintenant fermés. Le dépouillement des bulletins de vote a commencé, et les premières estimations font état d'une forte participation même dans les régions sunnites, qui avaient boycotté le scrutin en 2005.
Ce scrutin est un test pour la stabilité de l'Irak à six mois du départ des troupes américaines de combats et à moins de deux ans du retrait total des forces américaines.
Washington satisfait
Lors d'une brève allocution, Barack Obama a qualifié « d'étape importante » pour l'histoire de l'Irak la tenue de cet exercice démocratique. Le président américain a néanmoins reconnu qu'il restait encore beaucoup à faire.
Le président a rappelé qu'il entendait toujours retirer d'ici la fin 2011 toutes les troupes américaines en sol irakien.
De son côté, le représentant spécial de l'ONU en Irak, Ad Melkert, estime que le scrutin a été « plutôt transparent » et a salué le courage des Irakiens qui ont défié les menaces de mort des islamistes.
« Cette journée a montré l'échec du terrorisme et la victoire de la volonté du peuple », a déclaré à la télévision le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki.
Sécurité et violences
Plus de 500 000 policiers irakiens avaient été déployés dans tout le pays pour assurer la sécurité, dont 200 000 dans la capitale uniquement.
Malgré tout, quelque 30 personnes ont été tuées dans des tirs d'obus et de roquettes katioucha à Bagdad, dont 25 dans l'effondrement d'un immeuble, dans le quartier Our du nord de la capitale, touché par une roquette, affirme l'Agence France Presse.
Une dizaine d'autres personnes sont mortes dans des attentats à la bombe dans la capitale et ses environs.
Plus de 60 obus de mortier sont tombés dans divers quartiers de la ville. Plusieurs bombes ont sauté à Mossoul et à Bakouba dans le nord, mais sans faire de blessés.
Les violences s'étaient succédé au cours des derniers jours.
Dans la seule journée de jeudi, au moins 14 personnes ont été tuées dans des attentats contre des bureaux de scrutin à Bagdad, dont sept soldats irakiens. La veille, trois attentats-suicides contre des bâtiments de la police et un hôpital avaient fait au moins 33 morts et une cinquantaine de blessés.
La branche irakienne d'Al-Qaïda a tenté de décourager les Irakiens de se rendre aux urnes, en les menaçant de représailles. L'organisation terroriste a affirmé vendredi que quiconque irait voter « s'exposait malheureusement à la colère d'Allah et à toutes les sortes d'armes des moudjahidines ».
Le groupe sunnite Ansar Al-Sunna avait aussi menacé de torpiller les législatives.
Quelque 19 millions d'Irakiens de 18 circonscriptions étaient appelés aux urnes dans cette deuxième élection à se tenir depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Ils devaient choisir, parmi 6100 candidats, les 325 députés qui siégeront au Parlement pour les quatre prochaines années.