Une alerte au tsunami sème la panique

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

Une brève alerte au tsunami a semé la panique, mercredi, sur le littoral du centre du Chili, quatre jours après le séisme et le tsunami qui ont fait 796 morts.

Une brève alerte au tsunami, émise à la suite de nouvelles secousses telluriques, pousse les habitants du littoral à se précipiter dans les rues, quatre jours après le séisme et le tsunami qui ont fait 796 morts.

Deux répliques de magnitude 5,9 et 6 ont poussé les habitants à se précipiter dans les rues. Alertés par des sirènes et des hauts-parleurs, les gens, pris de panique, se sont mis à courir pour chercher refuge sur les hauteurs. L'alerte a été levée moins d'une demi-heure plus tard.

Mercredi soir, une forte réplique de 6,1 a également été enregistrée. L'épicentre de la réplique a été localisé dans l'océan, à une profondeur de 34 km, à 39 km à l'ouest de la ville de Valparaiso.

Pendant ce temps, des équipes de secouristes continuent de fouiller les décombres à la recherche de survivants. De son côté, la présidente Michelle Bachelet a appelé les Chiliens à se rassembler autour de l'aide et des efforts de reconstruction avant de les rassurer concernant d'éventuelles pénuries.

Des résidents de Constitucion font la file pour recevoir de l'aide, sous l'oeil attentif de soldats chiliens. Des résidents de Constitucion font la file pour recevoir de l'aide, sous l'oeil attentif de soldats chiliens.   © PC/AP/Fernando Vergara

L'aide commence à parvenir aux sinistrés, notamment à Constitucion et à Concepcion où les dégâts sont très importants. Cette ville de plus de 500 000 habitants située à 500 km au sud de la capitale, Santiago, se trouve à environ 70 km à l'est de l'épicentre du séisme d'une magnitude de 8,8.

Selon l'AFP, des soupes populaires ont été ouvertes et des camions-citernes distribuent de l'eau dans certains quartiers de la ville. Dans d'autres, cependant, des gens désespérés errent dans les rues et cherchent quelque chose à manger et à boire. L'aide ne parvient pas d'ailleurs dans chacune des agglomérations touchées sur le littoral.

« Le tsunami a touché les côtes sur 200 kilomètres et a pénétré jusqu'à 2000 mètres à l'intérieur des terres par endroits », indique le responsable des opérations d'urgence pour la région de Maule, le général Bosco Pesse. « Environ 600 personnes sont mortes dans cette zone, mais le bilan pourrait grimper à 1000. »

Étant donné les dommages subis par les routes et les ponts de la région, l'acheminement de l'aide s'avère compliqué. L'électricité n'a pas encore été rétablie à plusieurs endroits, et les communications demeurent très difficiles, ce qui complique la coordination.

À Concepcion, l'extension du couvre-feu sur une période de 18 heures semble avoir calmé le jeu dans la région. Dans les jours qui ont suivi le séisme, des pillards ont dévalisé des commerces pour mettre la main sur des vivres qu'ils peuvent obtenir ailleurs.

Un total de sept villes ont passé la nuit sous couvre-feu, après que cette mesure d'exception, qui est en vigueur pour une première fois depuis la fin de la dictature de Pinochet, eut été étendue à Curico, Molina et Sagrada Familia. Les municipalités de Talca, Cauquenes et Constitucion sont aussi visées.

À certains endroits, l'insécurité était telle que des résidents ont créé des brigades d'autodéfense. Le gouvernement a dépêché 7000 militaires dans les régions de Maule et Biobio pour régler les problèmes de sécurité dans un premier temps, mais a doublé ce nombre devant le manque de résultats probants.

138 Canadiens manquent à l'appelLa ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a annoncé qu'Ottawa versera une aide d'urgence de 2 millions de dollars au gouvernement chilien. Elle dit suivre la situation de près afin de déterminer ce qui pourrait être fait de plus.

Par ailleurs, le ministère canadien des Affaires étrangères recense, mercredi après-midi, 138 Canadiens manquant à l'appel au Chili et 928 autres qui ont été retrouvés. Les services consulaires estiment qu'il y a un total de 5000 ressortissants canadiens au Chili, dont environ 1000 dans la zone sinistrée.

Ottawa a fait savoir que son ambassade à Santiago a temporairement déménagé en raison de possibles dommages à l'immeuble, et qu'il peut être difficile d'obtenir la communication par téléphone.

Comment financer la reconstruction?

Le gouvernement chilien a demandé l'aide de la communauté internationale pour obtenir des hôpitaux de campagne, des équipements de communication, des ponts mobiles, des génératrices, du matériel permettant aux sinistrés de cuisiner et des équipes d'experts capables d'évaluer les dommages.

Selon les premières évaluations, 500 000 maisons ont été endommagées sinon détruites par le tremblement de terre et le tsunami. Pas moins de 2 millions de personnes, soit un Chilien sur huit, auraient été touchées par le séisme. Certains analystes estiment que les coûts de reconstruction pourraient atteindre 30 milliards de dollars, ce qui représente 15 % du produit intérieur brut du pays.

Dans une entrevue à Reuters, le ministre de l'Économie désigné, Felipe Larrain, a dit qu'il soupesait différentes options pour financer la reconstruction. Il n'a toutefois pas commenté spécifiquement deux options viables : le recours à des emprunts sur les marchés internationaux ou l'utilisation des quelque 18 milliards de dollars accumulés dans deux fonds souverains chiliens.

M. Larrain entrera en fonction le 11 mars, lorsque le président Sebastian Pineira aura été formellement assermenté et succédera du coup à l'actuelle présidente, Michelle Bachelet.

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