Le village de Dichato a été durement touché par le tsunami.
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AFP/Claudio Santana
Trois jours après que le Chili a été frappé coup sur coup par un tremblement de terre et un tsunami, le gouvernement recense maintenant 795 morts, un bilan appelé à augmenter au fur et à mesure que les équipes de secours et de sauvetage continuent de fouiller les décombres.
Le bilan du tremblement de terre s'établit maintenant à 795 morts, et les autorités s'attendent à ce qu'il s'alourdisse. L'aide commence à être acheminée vers les zones sinistrées et la sécurité est renforcée.
Santiago a par ailleurs annoncé mardi qu'il allait déployer 14 000 soldats dans les régions du Maule et de Biobio pour empêcher les pillages, soit deux fois plus que prévu. Ces soldats sont appuyés par 50 avions effectuant des ponts aériens vers les régions sinistrées, et trois bâtiments de guerre qui avaient été déployés ou qui étaient en cours de déploiement.
Le peu d'aide internationale demandée par le gouvernement commence aussi à arriver mardi. Dans un premier temps, il s'agit essentiellement d'équipements de communications, qui permettront d'améliorer les communications avec les villages les plus touchés, notamment sur la côte pacifique.
De passage dans la capitale, Santiago, à l'occasion d'une tournée latino-américaine, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton est arrivée sur place avec 20 téléphones satellitaires et un technicien. Des équipes de secouristes sont aussi en état d'alerte, a-t-elle précisé.
Le département d'État indique en outre qu'il cherche à envoyer dans les meilleurs délais d'autres équipements de communications, mais aussi le nécessaire à l'installation d'un hôpital de campagne et du matériel de purification de l'eau.
Ces équipements ont tous été formellement demandés au Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l'ONU. Le gouvernement chilien a aussi réclamé des ponts mobiles, des génératrices, du matériel permettant aux sinistrés de cuisiner et des équipes d'experts capables d'évaluer les dommages.
Selon les premières évaluations, pas moins de 2 millions de personnes, soit un Chilien sur huit, auraient été touchées par le séisme. Pas moins de 500 000 maisons auraient été endommagées, sinon carrément détruites, par le séisme ou le tsunami. De nombreux sinistrés campent d'ailleurs toujours devant leur maison.
Aide destinée à la côte pacifique
Les voisins du Chili se mobilisent aussi. L'Argentine a annoncé qu'elle envoyait du matériel pour purifier de l'eau, de l'équipement électrique et ce qu'il faut pour installer un hôpital de campagne, avec du personnel médical. La Bolivie envoie 60 tonnes d'aide humanitaire ainsi que de l'eau potable. Le Brésil et le Pérou enverront aussi de l'aide par avion.
Des gouvernements étrangers donnent aussi un coup de pouce au gouvernement chilien. L'Australie compte donner 4,5 millions de dollars, l'Union européenne, 4 millions, le Japon, 3 millions, et la Chine, 1 million. Le Canada a dit être prêt à offrir son aide, mais n'a pas été plus précis.
L'aide destinée au Chili sera dirigée pour l'essentiel vers le sud du pays, et notamment vers Concepcion et les villages côtiers avoisinants, durement frappés par le tsunami après le tremblement de terre.
Les vagues, qui auraient atteint de 2 à 6 mètres par endroits, ont semé la destruction et la mort en frappant les côtes.
Des villages comme Talcahuano, Penco et Dichato, auraient été pratiquement rayés de la carte, et plus encore par le tsunami que par le séisme d'une magnitude de 8,8. Des témoins sur place décrivent des paysages de dévastation totale, avec des maisons broyées, des immeubles écroulés, des bateaux projetés à l'intérieur des terres.
Mettre un terme au pillage
En plus de Concepion, trois autres villes de la région touchées par le séisme ont passé la nuit de lundi à mardi sous couvre-feu, soit Talca, Cauquenes et Constitucion.
Trois villes supplémentaires feront de même dans la nuit de mardi à mercredi: Curico, Molina et Sagrada Familia, qui sont situées à environ 200 km au nord de l'épicentre du séisme. Le couvre-feu doit durer de minuit à 6 h du matin.
À Concepcion même, le couvre-feu a été étendu et sera en vigueur de 18 h mardi à midi mercredi.
De nouveaux épisodes de pillage ont eu lieu lundi dans cette ville, la deuxième en importance dans le pays. Des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes en direction d'une foule qui voulait prendre d'assaut un supermarché.
« C'est plein! Ils ont de l'eau, de la nourriture, des couches, mais la police ne nous laisse pas entrer », se plaignait un homme interrogé par l'AFP. « Ce serait bien s'ils distribuaient des choses ou s'ils nous les vendaient », grommelle une autre sinistrée.
Des pillards en colère ont par la suite mis le feu à l'établissement. Le toit s'est écroulé, blessant une personne. La foule s'est finalement servie dans les décombres, sous l'oeil attentif des forces de l'ordre. « S'ils ont des produits alimentaires de base, comme du lait, de la farine, de l'eau, des couches pour les bébés, l'ordre est de ne pas les arrêter », indique un inspecteur de police. « Mais s'ils ont une télévision, ils vont les arrêter. »
Des pompiers éteignent un feu allumé par des pillards à Concepcion, sous le regard de soldats dépêchés sur place par le gouvernement.
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AFP/Claudio Santana
Toujours à Concepcion, des secouristes tentent toujours de trouver des traces de vie dans les décombres d'un immeuble de 14 étages qui s'est écroulé comme un château de cartes. Quelques survivants ont pu être dégagés.
Un Équatorien a notamment raconté à la télévision chilienne que sa femme et lui ont tout juste eu le temps de prendre leurs deux enfants dans leurs bras avant que l'immeuble ne s'écroule. Tous les quatre ont chuté de six étages, sans être gravement blessés. Ils ont réussi à trouver une ouverture et sont sortis indemnes.
