Des secouristes tentent de trouver des survivants dans cet immeuble à logements de Concepcion.
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PC/AP/Natacha Pisarenko
Deux jours après qu'un puissant tremblement de terre d'une magnitude de 8,8 eut frappé le Chili, les opérations destinées à retrouver des survivants se poursuivent toujours.
L'ampleur de la dévastation apparaît de plus en plus, notamment dans les villages côtiers qui ont subi coup sur coup le séisme et le tsunami. Plus de 300 corps auraient ainsi été retrouvés à Constitucion. Le pays demande l'aide de l'ONU.
Le bilan officiel de 708 morts risque fort d'augmenter, d'autant plus que les secouristes dégagent beaucoup de cadavres des décombres. La situation se clarifie aussi dans les villages côtiers frappés par le tsunami après le tremblement de terre. Les vagues, qui auraient atteint de 2 à 6 mètres par endroits, ont semé la destruction et la mort en frappant les côtes.
Dans le petit village de Constitucion, par exemple, plus de 300 corps ont été retrouvés, selon ce que rapporte la télévision d'État. Le gymnase de la communauté a été transformé en morgue.
D'autres villages, comme Talcahuano, Penco et Dichato, auraient été pratiquement rayés de la carte. Des témoins sur place décrivent des paysages de dévastation totale, avec des maisons broyées, des immeubles écroulés, des bateaux projetés à l'intérieur des terres.
« Plus de 75 % du village a été détruit », a déclaré à Reuters un résident de Dichato, David Merino. « Après le tremblement de terre, il y a eu trois vagues. Les deux premières étaient grosses et n'ont pas fait trop de dommages, mais la dernière a rayé le village de la carte. »
À Concepcion, deuxième ville en importance au pays avec 670 000 habitants, des secouristes accompagnés de chiens renifleurs et de détecteurs thermiques ont réussi à atteindre des personnes prisonnières d'un immeuble de 14 étages qui s'est effondré. Vingt-cinq personnes ont été retirées des décombres. Les secouristes ont aussi dégagé huit cadavres.
Pas moins de 500 000 maisons auraient été endommagées sinon carrément détruites par le séisme ou le tsunami. De nombreux sinistrés campent d'ailleurs devant leur maison, refusant d'y retourner de crainte d'un effondrement. Les médias nationaux critiquent sévèrement la réponse gouvernementale, jugée beaucoup trop lente.
Scènes de pillage
À la demande du gouvernement, quelque 10 000 soldats ont été déployés sur la côte pacifique, et notamment dans la ville de Concepcion. Ils ont pour objectif de faire respecter le couvre-feu, en vigueur la nuit, mais surtout d'empêcher le pillage.
Pas moins de 160 personnes ont été arrêtées par les militaires pour avoir violé le couvre-feu dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué le ministre adjoint de l'Intérieur. Une personne a été tuée par balle.
Dimanche, de nombreuses scènes de pillage ont été rapportées à Concepcion. L'armée a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des gens qui dévalisaient des commerces.
Certains pillards disent agir pour subvenir à leur besoin et à ceux de leur famille dans ces circonstances exceptionnelles. D'autres, toutefois, ont pu être aperçus sortant de commerces avec des télévisions à plasma et des appareils électroménagers.
Besoins d'aide
Les autorités tentent toujours par ailleurs de s'organiser pour venir en aide à 2 millions de personnes, soit 1 Chilien sur 8, qui auraient été touchées d'une manière ou d'une autre par le séisme. Ces gens ont besoin de nourriture, d'eau et d'un abri.
Des résidents de Pelluhue marchent sur une berge jonchée de débris.
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PC/AP/Roberto Candia
Le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l'ONU a confirmé lundi que le Chili avait officiellement transmis une liste de ses besoins. Il réclame ainsi des hôpitaux de campagne équipés du matériel nécessaire pour faire des opérations chirurgicales et des dialyses, mais aussi des génératrices, de l'équipement de communication, du matériel permettant aux sinistrés de cuisiner et des équipes d'experts capables d'évaluer les dommages.
Les communications demeurent difficiles dans les zones les plus touchées, et l'électricité n'est pas revenue à plusieurs endroits. Cette situation complique énormément les opérations de secours.
« Nous sommes confrontés à une catastrophe d'une magnitude tellement impensable qu'il faudra un effort énorme » pour que le Chili s'en remette, a déclaré la présidente Michelle Bachelet lors d'une conférence de presse tenue dimanche, à l'issue d'une réunion de six heures avec les services de secours.
Infrastructures durement touchées
L'aéroport de Santiago du Chili a été fermé après le séisme. La piste d'atterrissage est intacte, mais les autorités veulent examiner la structure de l'aérogare et la tour de contrôle. Les vols internationaux sont entre-temps redirigés vers Buenos Aires en Argentine, à plus de 900 kilomètres, ou vers Lima, au Pérou.
Les installations portuaires ont aussi été endommagées. La télévision chilienne a montré des conteneurs à la dérive dans les rues inondées de la ville portuaire de Talcahuano, victime du tsunami.
L'économie du pays est aussi durement touchée. Le plus important producteur de cuivre du monde, Codelco, a annoncé lundi que ses opérations demeuraient suspendues en raison d'une panne de courant. Le cours du cuivre a immédiatement augmenté de 5 %.
Selon la société américaine EQECAT, les dégâts causés par le séisme peuvent être estimés entre 15 et 30 milliards de dollars. En comparaison, après le séisme en Haïti, la Banque interaméricaine de développement avait estimé que les pertes matérielles haïtiennes se chiffraient entre 8 et 14 milliards de dollars.
La société EQECAT juge que les normes de constructions antisismiques instaurées par le gouvernement chilien ont « diminué le potentiel de destruction » de la catastrophe, pourtant majeure. Cela a peut-être aussi permis de sauver des vies.