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Photo: AFP/Saul Loeb Barack Obama a présidé la rencontre, qui a réuni une quarantaine d'élus des deux partis. |
Sept heures n'ont pas suffi aux élus démocrates et républicains du Congrès, opposés depuis plusieurs mois sur la réforme de l'assurance maladie, pour les amener à faire des compromis.
Au terme de ce sommet qu'il avait organisé pour rapprocher les deux parties, le président Obama a dû reconnaître, jeudi, qu'elles ne parviendraient peut-être pas à trouver un accord bipartisan.
Les Américains ont pu suivre en direct à la télévision les échanges, courtois, des deux blocs politiques, qui ont campé sur leurs positions.
« Il y a des divergences de fond entre nous, que nous ne pouvons pas balayer d'un trait », a résumé au cours de la rencontre le numéro deux des républicains au Sénat, Jon Kyl, en s'adressant à Barack Obama. Le projet de réforme, a-t-il déploré, accorde trop de pouvoirs à l'État pour les enlever aux malades et aux médecins.
« Ce projet de loi de 2700 pages va acculer notre pays à la faillite », a pour sa part estimé John Boehner, chef du groupe républicain à la Chambre des représentants.
Le camp républicain a donc appelé à faire table rase des projets déjà présentés et à reprendre les discussions à zéro, une revendication rejetée par les démocrates présents.
« Nous ne pouvons pas débattre pendant encore un an là-dessus », a déclaré Barack Obama à l'issue de cette rencontre sans précédent. « Nous savons tous que c'est urgent », a-t-il rappelé.
S'il a pu dégager des points de convergence, comme la lutte contre les erreurs médicales, le marché de l'assurance et le coût de l'assurance maladie, il a dû reconnaître l'existence de positions « philosophiques » très éloignées.
Le président a en outre déploré les divisions qui ont conduit à l'impasse sur cette réforme.
La politique a fini par l'emporter sur le bon sens pratique.
— Le président Obama
En conclusion de la réunion, le président Obama a tout de même appelé les républicains à réfléchir aux points d'accord possibles. « J'ai pensé que ça valait le coup, de notre part, d'engager cet effort », a-t-il dit.
Si aucun progrès n'est fait au cours des prochaines semaines, a-t-il toutefois prévenu, il n'aura d'autre choix que de mener à bien son projet sans eux. « Si nous ne le pouvons pas, alors je pense qu'il nous faudra aller de l'avant et prendre certaines décisions, et c'est à cela que servent les élections », a-t-il ajouté.
À l'instar de ses porte-parole plus tôt cette semaine, il a ouvert la porte à une tactique législative controversée, dite de « réconciliation ». En vertu de cette stratégie, la majorité démocrate pourrait faire adopter la réforme au Sénat à la majorité simple plutôt qu'à la majorité des deux tiers.
Ces derniers jours, la Maison-Blanche a néanmoins évoqué un plan B, moins ambitieux que le projet initial, qui pourrait rallier les opposants au projet. Ce plan prévoit d'étendre la couverture médicale à seulement 15 millions d'Américains.
Les États-Unis sont le seul pays développé à ne pas proposer de couverture nationale de santé à tous ses citoyens. Environ 50 des 300 millions d'Américains n'ont aucun régime d'assurance maladie. La réforme envisagée fournirait une couverture à plus de 31 millions d'entre eux. Son coût, qui serait compensé par des économies sur des programmes existants, est évalué à environ 1000 milliards de dollars américains sur dix ans.
Difficiles négociations au Congrès
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Photo: La Presse Canadienne /Robert F. Bukaty Scott Brown |
Le projet de réforme, qui progressait déjà péniblement au Congrès jusqu'ici, fait face à un nouvel obstacle depuis que le républicain Scott Brown a causé une énorme surprise en remportant une élection sénatoriale au Massachusetts en janvier. En succédant au sénateur démocrate Edward Kennedy, mort d'un cancer du cerveau, M. Brown a modifié l'équilibre des forces au Sénat d'une manière inattendue.
Pour l'heure, deux projets de loi sur la réforme de la santé sont sur les rails au Congrès. La Chambre des représentants a adopté le sien le 7 novembre, tandis que le Sénat a adopté sa propre version la veille de Noël. Ces deux textes, qui diffèrent sur plusieurs points, sont eux-mêmes le résultat de compromis entre les différentes commissions de chacune des chambres du Congrès.
Une commission mixte doit aboutir à une version unifiée de ce projet, qui sera soumise au vote de chacune des deux chambres. Elle devra être approuvée par 218 des 435 représentants et par 60 des 100 sénateurs. La Maison-Blanche croyait être en mesure d'obtenir ces 60 votes. L'élection de Scott Brown est venue bouleverser ces plans.
Les deux projets de loi à l'étude visent deux objectifs principaux :
Ils prévoient notamment que les compagnies d'assurance ne pourront plus refuser une couverture aux Américains qui ont des problèmes de santé préexistants, comme c'est le cas actuellement, ou en surtaxer d'autres en fonction de certains critères, comme le métier qu'ils exercent.
Contrairement au projet de loi du Sénat, celui issu de la Chambre des représentants prévoit la création d'un régime public d'assurance géré par le gouvernement américain, et qui serait en concurrence avec les régimes privés. Cette option, préconisée au départ par le président Obama, a été rejetée au Sénat après de vifs débats. Le président lui-même ne la préconise plus.
Plus tôt cette semaine, Barack Obama a présenté ses propres propositions. Il a entre autres suggéré que le département de la Santé puisse bloquer des hausses de primes exigées par des compagnies d'assurances.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Politico et CNN
Le président des États-Unis tente de réformer le système de santé, qui souffre de nombreuses lacunes.
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