Orlando Zapato
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AFP/Adalberto Roque
Le président cubain Raul Castro a exprimé ses regrets mercredi, au lendemain de la mort d'Orlando Zapata Tamayo des suites d'une grève de la faim. Selon lui, le premier prisonnier politique cubain à mourir depuis 1972 n'a toutefois été ni exécuté, ni torturé.
Le président cubain déplore la mort du prisonnier politique Orlando Zapata Tamayo des suites d'une grève de la faim. L'Union européenne et les États-Unis demandent la libération de tous les prisonniers politiques cubains.
Ce communiqué présidentiel est inhabituel, les dirigeants cubains évitant habituellement de parler des dissidents.
Quelque 30 dissidents de la région de Banes, où Orlando Zapata Tamayo devait être inhumé mercredi, ont néanmoins été arrêtés, selon Elizardo Sanchez, qui dirige la Commission pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (CDHRN) , un organisme illégal, mais toléré par le pouvoir. Selon M. Sanchez, certains ont été retenus sans mandat dans leur maison.
Plus tôt, les États-Unis et l'Union européenne avaient réclamé la libération des prisonniers politiques cubains. Le Département d'État américain n'a toutefois pas dit si l'affaire Orlando Zapata Tamayo pouvait nuire aux relations que les États-Unis et Cuba ont renouées l'an dernier autour de certains dossiers bilatéraux, comme les migrations.
De son côté, Amnistie Internationale, qui avait adopté Orlando Zapata Tamayo parmi ses 65 prisonniers de conscience, demande qu'une enquête soit menée afin d'établir si la mort du dissident a été causée par des mauvais traitements. Elizardo Sanchez, du CDHRN, affirme qu'Orlando Zapata Tamayo est mort parce que les autorités ont tardé à lui prodiguer les soins nécessaires.
Orlando Zapata Tamayo avait entamé une grève de la faim en décembre pour protester contre ses conditions de détention. Membre d'une organisation de défense civique illégale, le Directoire démocratique cubain, il avait été arrêté en 2003 au cours d'une vague de répression massive par le gouvernement cubain. Il avait ensuite été condamné pour « désordre public ».
À l'époque, la Commission européenne avait interrompu sa coopération avec Cuba pour protester contre cette vague de répression.