Obama tente de reprendre l'initiative

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Barack Obama a présenté ses propositions lundi avant-midi. Barack Obama a présenté ses propositions lundi avant-midi.   © AFP/Mandel Ngan

Le président américain Barack Obama souhaite que le département de la Santé puisse bloquer des hausses de primes exigées par des compagnies d'assurances.

À trois jours d'un important sommet bipartite visant à entraîner un déblocage du dossier, le président Obama demande le pouvoir de bloquer les hausses de primes exigées par les compagnies d'assurance.

Cette nouvelle proposition, présentée lundi, vise à relancer le projet de loi sur la réforme du système de santé, un projet-clé de l'administration Obama qui est présentement englué dans des débats sans fin au Congrès.

Le président souhaite ainsi reprendre l'initiative politique en tirant profit du tollé soulevé par la compagnie d'assurances Anthem Blue Cross, de Californie, qui a récemment annoncé une augmentation de ses primes de 39 % à compter du 1er mars. L'affaire a permis de rappeler l'intérêt du parti démocrate à juguler ces augmentations de tarifs qui contribuent à étouffer les finances de plusieurs familles américaines.

La proposition du président Obama survient à trois jours d'un sommet dans le cadre duquel les leaders républicains et démocrates au Congrès se réuniront à la Maison-Blanche pour résoudre la quadrature du cercle. Elle doit lui permettre de reprendre l'initiative du débat en plaçant les républicains dans une position délicate. En s'opposant à cette initiative, le Grand Old Party court le risque d'être accusé de défendre une industrie très impopulaire.

La proposition constitue la première initiative législative soumise par le président lui-même depuis qu'il a lancé ce vaste chantier il y a un an. Souhaitant éviter les écueils rencontrés par le projet de réforme proposé jadis par Bill Clinton, le président Obama avait évité de se mêler des détails du projet, préférant laisser le Congrès faire son travail. Étant donné la situation actuelle, le président Obama vient de changer son approche.

Le projet de réforme, qui progressait déjà péniblement au Congrès jusqu'ici, fait face à un nouvel obstacle depuis que le républicain Scott Brown a causé une énorme surprise en remportant une élection sénatoriale au Massachusetts en janvier. En succédant au sénateur démocrate Edward Kennedy, mort d'un cancer du cerveau, M. Brown a modifié l'équilibre des forces au Sénat d'une manière inattendue.

Pour l'heure, deux projets de loi sur la réforme de la santé sont sur les rails au Congrès. La Chambre des représentants a adopté le sien le 7 novembre, tandis que le Sénat a adopté sa propre version la veille de Noël. Ces deux textes, qui diffèrent sur plusieurs points, sont eux-mêmes le résultat de compromis entre les différentes commissions de chacune des chambres du Congrès.

Une commission mixte doit aboutir à une version unifiée de ce projet, qui sera soumise au vote de chacune des deux chambres. Elle devra être approuvée par 218 des 435 représentants et par 60 des 100 sénateurs. La Maison-Blanche croyait être en mesure d'obtenir ces 60 votes. L'élection de Scott Brown est venue bouleverser ces plans.

Les deux projets de loi à l'étude visent à faire en sorte que la majorité des Américains qui n'ont pas d'assurance maladie, soit environ 31 millions de personnes, puissent désormais s'en procurer une, et que les modalités qui permettront d'y parvenir entraîneront une baisse des coûts, tout en améliorant la qualité des soins.

Ils prévoient notamment que les compagnies d'assurance ne pourront plus refuser une couverture aux Américains qui ont des problèmes de santé préexistants, comme c'est le cas actuellement, ou en surtaxer d'autres en fonction de certains critères, comme le métier qu'ils exercent.

Contrairement au projet de loi du Sénat, celui issu de la Chambre des représentants prévoit la création d'un régime public d'assurance géré par le gouvernement américain, et qui serait en concurrence avec les régimes privés. Cette option, préconisée au départ par le président Obama, a été rejetée au Sénat après de vifs débats. Le président lui-même ne la préconise plus.

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