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Ukraine
En attendant Ioulia Timochenko

Mise à jour le mardi 9 février 2010 à 10 h 48

La première ministre Ioulia Timochenko, en conférence de presse, dimanche.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Alexander Zemlianichenko

La première ministre Ioulia Timochenko, en conférence de presse, dimanche.

En Ukraine, la première ministre Ioulia Timochenko s'apprêterait bel et bien contester les résultats de la présidentielle de dimanche qu'a remportée le candidat prorusse Viktor Ianoukovitch.

Selon le quotidien en ligne Ukrainskaya Pravda, l'égérie de la Révolution orange a déclaré à des membres de sa coalition électorale qu'elle « ne reconnaîtra jamais la légitimité de la victoire de Ianoukovitch avec un scrutin pareil ».

Des informations provenant de proches collaborateurs laissent entendre qu'elle contestera les résultats en provenance de certains bureaux de scrutin et que, si la décision leur est favorable, elle pourra contester le résultat global.

Rien de tout cela n'est toutefois confirmé. Mme Timochenko est restée silencieuse depuis qu'elle a mis en doute les résultats de la présidentielle dimanche. La femme d'affaires a annulé deux conférences de presse lundi et une autre mardi.

Les résultats du deuxième tour de la présidentielle ne sont pas encore définitifs, mais avec 99,94 % des votes dépouillés, M. Ianoukovitch est crédité de 48,94 % des votes, contre 45,48 % pour Mme Timochenko.

Résultat considéré comme légitime

Les observateurs de la communauté internationale présents sur le terrain, et notamment ceux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont unanimement salué le bon déroulement du scrutin.

« L'élection a offert une démonstration impressionnante de démocratie », a déclaré le président de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, Joao Soares. « Il est temps maintenant pour les dirigeants politiques du pays d'écouter le verdict du peuple et de faire en sorte que la passation de pouvoirs soit pacifique et constructive. »

Des partisans de Viktor Ianoukovitch se sont massés devant les bureaux de la Commission électorale. M. Ianoukovitch devrait leur parler mardi soir.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Alexander Zemlianichenko

Des partisans de Viktor Ianoukovitch se sont massés devant les bureaux de la Commission électorale. M. Ianoukovitch devrait leur parler mardi soir.

L'ambassade des États-Unis à Kiev a souligné « un nouveau pas vers la consolidation de la démocratie en Ukraine », tandis que la France a parlé d'un scrutin s'étant déroulé « selon les normes démocratiques, de manière transparente et sans heurts ».

Le président russe Dimitri Medvedev a appelé M. Ianoukovitch mardi et l'a félicité « pour le succès rencontré lors de l'élection présidentielle ».

Portée géopolitique

La victoire de M. Ianoukovitch a une portée géopolitique considérable. Sa victoire marque la fin de la Révolution orange, mouvement pro-occidental qui s'est emparé du pouvoir 2004, grâce notamment à l'engagement de Mme Timochenko.

Les tensions constantes avec le président sortant Viktor Iouchtchenko, l'opposition de la partie russophone du pays, et l'effondrement de l'économie ukrainienne ont toutefois miné la crédibilité du mouvement et entraîné le retour à l'avant-scène de M. Ianoukovitch. M. Iouchtchenko n'a reçu que 5 % des votes lors du premier tour de scrutin.

Le retour de M. Ianoukovitch laisse présager un rapprochement avec Moscou. Au cours des dernières années, les deux pays se sont livré deux conflits sur l'acheminement du gaz russe en Ukraine, Moscou exigeant des paiements toujours plus élevés pour son gaz.

Le revirement de situation risque aussi d'enterrer jusqu'à nouvel ordre tout projet d'adhésion de l'Ukraine à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). M. Iouchtchenko était un farouche partisan de ce projet, ce qui nuisait d'autant aux relations avec Moscou.

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