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Photo: AFP/Ishara S. Kodikara Sarath Fonseka s'adressant aux médias, le 1er février |
La police militaire a appréhendé le candidat de l'opposition défait à l'élection présidentielle de janvier, l'ancien chef des armées Sarath Fonseka. Selon un porte-parole de sa formation, le Parti de la libération du peuple (JVP), une centaine de policiers militaires ont fait irruption dans ses bureaux.
« Le général a refusé d'être emmené. Ils l'ont empoigné et l'ont littéralement porté pour le sortir [de la pièce] après avoir menacé les autres », a ajouté le porte-parole. Selon des témoins, le directeur de campagne du candidat, Senaka de Silva, a également été emmené.
Les médias sur place ont indiqué que des agents lourdement armés avaient empêché les journalistes et les photographes d'entrer dans l'édifice et de prendre des photos.
La veille, un journal non officiel avait affirmé que Sarath Fonseka pourrait être accusé de préparatifs en vue d'un coup d'État et traduit en cour martiale.
Héros contre héros
Plus tôt dans la journée, l'ancien général a affirmé devant les médias que plus d'une cinquantaine de ses collaborateurs avaient été arrêtés. Selon lui, ces arrestations avaient pour but de l'empêcher de colliger des preuves venant appuyer ses accusations de fraude électorale.
Arguant d'irrégularités à grande échelle dans la foulée de la nette victoire du président sortant Mahinda Rajapakse, M. Fonseka avait en effet annoncé qu'il avait déposé une réclamation auprès de la commission électorale et qu'il allait demander à la Cour suprême d'annuler les élections. Les États-Unis et la Commission européenne ont de leur côté appelé à une enquête.
Au lendemain du scrutin, l'hôtel de la capitale où se trouvait Fonseka avait été encerclé toute la journée par des troupes armées. Il y a une semaine, le président Rajapakse a limogé douze hauts gradés militaires en raison de craintes d'un coup d'Etat.
L'élection du 26 janvier était la première tenue en temps de paix après 25 ans de conflit avec les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE). Commencé en 1983, le conflit a duré 25 ans et a fait jusqu'à 100 000 morts. Près de 300 000 Tamouls ont été déplacés et internés dans des camps après la guerre, et plus de 100 000 s'y trouvent encore.
En mai dernier, M. Fonseka a conduit l'armée à une victoire décisive contre les rebelles séparatistes tamouls. Lui et le président, son ancien allié, étaient considérés comme des « héros » par la majorité cinghalaise pour leur rôle dans la victoire contre la rébellion tamoule.
Un porte-parole de la diplomatie américaine a indiqué que ce dernier développement « préoccupait » les États-Unis et a souhaité que les actes du gouvernement sri-lankais « soient en accord avec la loi » du pays.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse
La rébellion tamoule défaite après 37 ans de conflit séparatiste.
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