Mahmoud Ahmadinejad a demandé au chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique de commencer la production d'uranium, à l'inauguration d'une exposition sur la technologie au laser.
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AFP/Atta Kenare
Mahmoud Ahmadinejad ordonne la production d'uranium enrichi, accusant les grandes puissances de vouloir « jouer avec l'Iran ». La production commencerait dès mardi à l'usine de Natanz.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a ordonné la production d'uranium hautement enrichi par son pays.
Le président iranien a invoqué l'absence d'accord sur un échange de combustible nucléaire, après plus de trois mois de négociations avec le groupe des Six.
Plusieurs puissances occidentales, au premier chef les États-Unis, soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil, malgré les démentis répétés de Téhéran.
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a appelé la communauté internationale à « faire front commun pour faire pression sur le gouvernement iranien ».
Le responsable iranien du dossier nucléaire a un peu plus tard confirmé que Téhéran informerait lundi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son projet d'enrichir l'uranium à 20 %.
« La production de l'uranium hautement enrichi commencera à l'usine de Natanz le surlendemain [mardi] », a-t-il ajouté Ali Akbar Salehi.
Pour servir à la fabrication d'une arme nucléaire, l'uranium doit cependant être enrichi à plus de 80 %. De simples réacteurs nucléaires civils nécessitent pour leur part de l'uranium à seulement 3 %.
Selon Téhéran, l'uranium à 20 % servirait simplement à alimenter son réacteur médical.
Nouvelle volte-face d'Ahmadinejad
M. Ahmadinejad avait pourtant garanti mardi dernier que l'Iran n'avait « pas de problèmes » à accepter un accord sur l'enrichissement de son uranium à l'étranger.
Le groupe des Six avait aussitôt demandé à l'Iran de « traduire sa parole en acte » en offrant une contre-proposition formelle à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Selon le directeur de l'agence, Yukiya Armano, l'AIEA attendait toujours une telle proposition en vain, samedi.
« J'avais dit: donnons [au groupe des Six] deux à trois mois. S'ils ne sont pas d'accord, nous commencerons nous-mêmes. Mais [les Six] ont commencé à jouer avec nous », s'est défendu dimanche le président iranien.
Il a toutefois précisé qu'il n'avait pas fermé la porte aux discussions, ajoutant du même souffle qu'un éventuel échange de combustible nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances devrait être inconditionnel.
L'AIEA proposait jusqu'ici que l'Iran envoie son uranium faiblement enrichi à 3,5 % en Russie et en France pour qu'il y soit transformé en combustible enrichi à 20 %. Les discussions ont notamment achoppé sur les modalités de cet échange.
Samedi, le président du Parlement iranien, Ali Laridjani, avait accusé les Occidentaux de vouloir « tromper l'Iran » pour lui « enlever son uranium enrichi ».
L'Iran a déjà subi trois séries de sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais tant la Russie que la Chine ont jusqu'ici imposé leur veto à des sanctions plus sévères.