La fin du thon rouge?

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Manifestation de Greenpeace pour l'interdiction du thon rouge, devant le ministère français de l'Agriculture, à Paris, en novembre 2008. Manifestation de Greenpeace pour l'interdiction du thon rouge, devant le ministère français de l'Agriculture, à Paris, en novembre 2008   © AFP/Martin Bureau

L'organisation chargée de la protection des espèces en danger recommande d'interdire la commercialisation de ce poisson, très apprécié des consommateurs de sushis. La décision pourrait être prise le mois prochain.

Le thon rouge pourrait bientôt disparaître de nos tablettes. Vendredi, l'organisation chargée de la protection des espèces menacées d'extinction, la CITES, a en effet recommandé d'interdire totalement la commercialisation de ce poisson.

Monaco avait déposé une demande en ce sens auprès de l'organisation, affiliée à l'ONU. Les 175 pays membres pourraient prendre une décision en mars prochain lors d'une assemblée au Qatar.

La France a déjà annoncé qu'elle comptait interdire le thon rouge sur son territoire d'ici un an et demi.

Le Japon, qui importe 80 % des stocks mondiaux de ce poisson, a vivement dénoncé la prise de position du CITES. Le thon rouge est couramment utilisé pour la confection des sushis. Le pays a lancé une campagne internationale de lobbying pour tenter de faire pencher la balance de son côté.

D'autres pays pourraient joindre leur voix à celle du Japon. Le thon fait travailler des milliers de travailleurs en Turquie, en Espagne, en Italie et à Malte, notamment.

Pour le chef de l'Unité d'appui scientifique à la CITES, la prise de position de l'organisation est fondée sur des critères scientifiques. Il a rappelé que les stocks de thon rouge ont chuté de 80 % depuis le 19e siècle.

En novembre dernier, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a d'ailleurs réduit le quota total de prise de 40 %, pour le faire passer à 13 500 tonnes.

Le thon rouge se vend à prix d'or. Selon la CITES, un poisson de 650 kilos peut facilement atteindre les 120 000 $.

Les ours polaires aussi ciblés

La rencontre des 175 membres de la CITES au Qatar sera aussi l'occasion de discuter de l'interdiction de plusieurs autres produits, dont ceux à base d'ours polaire.

David Morgan a indiqué vendredi qu'il ne soutenait pas cette proposition faite par les États-Unis. Les autochtones du Canada s'y opposent aussi vivement.

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