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Le verdict tombe pour Aafia Siddiqui

Mise à jour le jeudi 4 février 2010 à 11 h 03

Aafia Siddiqui, une spécialiste pakistanaise en neurosciences qui a fait ses études aux États-Unis a été jugée coupable, mercredi à New York, d'avoir tenté de tuer des soldats américains en Afghanistan en 2008.

Photo: AFP/Rizwan Tabassum

Fowzia Siddiqui tient une photo de sa soeur Aafia.

Une Pakistanaise qui a fait de brillantes études aux États-Unis a été jugée coupable, mercredi à New York, d'avoir tenté de tuer des militaires américains et des agents du FBI en Afghanistan en 2008. Elle risque la réclusion à perpétuité.

Aafia Siddiqui, 37 ans, une spécialiste en neurosciences ayant étudié au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), a été reconnue coupable par un jury fédéral de l'ensemble des charges pesant contre elle. Elle était accusée d'avoir ouvert le feu sur des militaires américains et des agents du FBI en juillet 2008, alors qu'elle était détenue en Afghanistan pour ses liens présumés avec Al-Qaïda.

« Nous sommes choqués par ce verdict inattendu », a réagi l'ambassade du Pakistan à Washington dans un communiqué, ajoutant que Islamabad « ferait tout son possible pour qu'elle obtienne justice en tant que citoyenne » de ce pays. Au cours des dernières années, une partie de l'opinion publique pakistanaise s'est mobilisée en faveur d'Aafia Siddiqui.

Une avocate de la famille Siddiqui, Tina Monshipour, a annoncé son intention de porter le jugement en appel. « [Aafia Siddiqui] a été décrite comme une terroriste bien qu'il n'y ait eu aucune accusation de terrorisme dans son procès. Il s'agit de l'un de ces cas dans lesquels nous voyons les préjugés et les partis pris envahir la salle d'audience », a-t-elle déclaré.

Un parcours plein de mystère

Aafia Siddiqui n'a pas été inculpée de terrorisme. Mais, selon l'accusation, elle a été arrêtée par la police afghane, dans la province afghane de Ghazni, en possession de notes et de matériel soupçonnés d'être destinés à des projets d'attentats contre la statue de la Liberté et d'autres sites new-yorkais.

Les faits reprochés

Aafia Siddiqui a été arrêtée en Afghanistan pour ses liens présumés avec Al-Qaïda. Au cours d'un interrogatoire mené par des officiers américains et des agents du FBI dans une station de police afghane, en juillet 2008, la jeune femme a réussi à s'emparer d'une arme d'un de ses interrogateurs et a tiré deux coups de feu en criant « Dieu est grand! ». Personne n'a été blessé. L'un des officiers américains a alors répliqué, la blessant à la poitrine.

La jeune femme a plaidé non coupable. Son avocat avait tenté de prouver qu'elle n'avait pas toutes ses facultés mentales, mais un juge avait estimé qu'elle ne souffrait d'aucun trouble psychique et l'avait déclarée apte à comparaître.

Aafia Siddiqui a plusieurs fois perturbé son procès en s'en prenant au jury, aux témoins et même à ses propres avocats. Elle prétendait être une victime d'Israël. « Il s'agit d'un verdict venant d'Israël, pas de l'Amérique. La colère devrait être dirigée vers la bonne cible », a-t-elle d'ailleurs répété mercredi, en réaction au jugement.

Aafia Siddiqui, qui vivait au Pakistan, avait disparu en mars 2003 avec ses trois enfants. Elle figurait sur une liste américaine de personnes soupçonnées de liens avec Al-Qaïda depuis mai 2004. On ignore où elle a été entre le moment de sa disparition (2003) et son arrestation (2008).

Ses proches pensent qu'elle a été arrêtée au cours d'une des nombreuses opérations menées à l'époque par l'armée pakistanaise contre Al-Qaïda. Des groupes de défense des droits de l'homme estiment de leur côté qu'elle a pu être secrètement emprisonnée et torturée sur la base américaine de Bagram, en Afghanistan. L'armée américaine dément cette dernière hypothèse.

Les services de renseignements américains estiment que Aafia Siddiqui est liée à au moins 2 des 14 hommes soupçonnés d'être des hauts-placés d'Al-Qaïda qui ont été envoyés à la prison de Guantanamo en septembre 2006.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Reuters et New York Times

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