Dominique de Villepin
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AP/Jacques Brinon
Le ministère public va porter en appel le jugement du procès Clearstream qui a blanchi, jeudi, l'ancien premier ministre français Dominique de Villepin. Ce dernier accuse le président Nicolas Sarkozy d'être derrière cet appel.
En France, le ministère public va porter en appel le jugement du procès Clearstream, qui a blanchi, jeudi, l'ancien premier ministre français Dominique de Villepin. Le procureur de Paris estime que tout n'a pas été dit dans cette affaire.
Dominique de Villepin a accusé le président Sarkozy d'être derrière cet appel. Il a déclaré qu'une réunion avait eu lieu à l'Élysée jeudi après-midi et que c'est à ce moment que la décision a été prise.
Il a par ailleurs dit « qu'il n'aurait pas trouvé anormal » que le président le félicite, comme l'ont fait l'ex-président Jacques Chirac et la socialiste Ségolène Royal.
L'appel devrait débuter à la fin 2010 ou au début 2011, moment où les troupes électorales se mettront en branle en vue de la présidentielle de 2012. Les ambitions présidentielles de Dominique de Villepin sont connues.
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui était partie civile dans ce procès, s'est dit satisfait jeudi par le jugement. « Le tribunal a considéré que le rôle de M. Dominique de Villepin dans la manipulation ne pouvait être prouvé [...] Dans ces conditions, j'annonce que je ne ferai pas appel de la décision du tribunal correctionnel », a-t-il dit dans un communiqué.
Les eaux troubles de Clearstream
L'affaire Clearstream fait référence à une manipulation alléguée, qui aurait été menée en 2004, avec de fausses listes de comptes bancaires de la société luxembourgeoise Clearstream, où figuraient de nombreuses personnalités politiques, dont l'actuel président Nicolas Sarkozy.
Les fausses listes désignaient ces personnalités comme étant détentrices de comptes occultes et ayant perçu des pots-de-vin dans une vente d'armements.
Le parquet demandait 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros (66 600 $) d'amende contre l'ancien premier ministre. Cependant, les magistrats ont jugé que l'accusation de « complicité de dénonciation calomnieuse » n'était pas établie.
Les juges ont estimé également qu'il n'existait pas de preuve que M. Villepin a donné une instruction frauduleuse, et qu'il n'est pas non plus complice du délit. L'accusation arguait qu'il avait fermé les yeux alors qu'il savait que les listes étaient fausses.
Dominique de Villepin était accusé d'avoir pris part à un complot visant à éliminer Nicolas Sarkozy, son rival à droite, de la course à la présidentielle de 2007.
Les autres inculpés
Cependant, le tribunal déclare coupables Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, et Imad Lahoud, auteur présumé des fausses listes. Le premier a été condamné à 3 ans de prison, dont 15 mois fermes. Le second a été condamné à 3 ans de prison, dont 18 mois fermes.
Le consultant Florian Bourges est jugé coupable et le journaliste Denis Robert est blanchi.