Dominique de Villepin à son arrivée au tribunal jeudi
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AFP/Thomas Coex
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé jeudi l'ancien premier ministre Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream.
Après des mois de procédures, l'ancien premier ministre français est disculpé des accusations liées à une manipulation impliquant la société luxembourgeoise. Il dit maintenant souhaiter « se tourner vers l'avenir ».
Il s'agissait d'un procès lié à une manipulation alléguée, qui aurait été menée en 2004, avec de fausses listes de comptes bancaires de la société luxembourgeoise Clearstream, où figuraient de nombreuses personnalités politiques, dont l'actuel président Nicolas Sarkozy.
Les fausses listes désignaient ces personnalités comme étant détentrices de comptes occultes et ayant perçu des pots-de-vin dans une vente d'armements.
Le parquet demandait 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros (66 600 $) d'amende contre l'ancien premier ministre. Cependant, les magistrats ont jugé que l'accusation de « complicité de dénonciation calomnieuse » n'était pas établie.
Les juges ont estimé également qu'il n'existait pas de preuve que M. Villepin a donné une instruction frauduleuse, et qu'il n'est pas non plus complice du délit. L'accusation arguait qu'il avait fermé les yeux alors qu'il savait que les listes étaient fausses.
Dominique de Villepin était accusé d'avoir pris part à un complot visant à éliminer Nicolas Sarkozy, son rival à droite, de la course à la présidentielle de 2007.
Cependant, le tribunal déclare coupables Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, et Imad Lahoud, auteur présumé des fausses listes. Le premier a été condamné à trois ans de prison, dont 15 mois fermes. Le second a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois fermes.
Le consultant Florian Bourges est jugé coupable et le journaliste Denis Robert est blanchi.
Villepin satisfait, Sarkozy aussi
À l'issue du procès, Dominique de Villepin a déclaré vouloir « tourner la page » et « servir les Français ».
« [...] C'est vers l'avenir que je veux me tourner pour servir les Français et contribuer, dans un esprit de rassemblement, au redressement de la France », a déclaré Dominique de Villepin, confirmant ses ambitions politiques pour l'élection présidentielle de 2012.
À l'ouverture du procès, il lançait devant les caméras de télévision: « Je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy [...] J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français. »
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui était partie civile dans ce procès, se dit satisfait par le jugement. « Le tribunal a considéré que le rôle de M. Dominique de Villepin dans la manipulation ne pouvait être prouvé [...] Dans ces conditions, j'annonce que je ne ferai pas appel de la décision du tribunal correctionnel », a-t-il dit dans un communiqué.