Cinq talibans retirés de la liste de sanctions

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des talibans dans une mosquée à Andar dans la province de Ghazni. Des talibans dans une mosquée à Andar dans la province de Ghazni.   © AFP/MOHAMMAD YAQUBI

Le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé mardi avoir retiré cinq talibans de sa liste de personnes faisant l'objet de sanctions pour leurs liens passés avec le réseau terroriste Al-Qaïda.

Au moment où le président afghan dit souhaiter ouvrir un dialogue avec des talibans modérés, le Conseil de sécurité de l'ONU retire cinq talibans de sa liste de personnes sanctionnées pour leurs liens passés avec Al-Qaïda.

Selon un communiqué du Conseil de sécurité, il s'agit de l'ancien ministre des Affaires étrangères du régime taliban Abdul Wakil Mutawakil, de l'ex-ministre adjoint du Commerce Fazl Mohammad, de l'ex-ministre adjoint des Affaires frontalières Abdul Hakim, de l'ancien ministre adjoint de la Planification Mohammad Musa et d'un ancien membre du service de presse du ministère des Affaires étrangères, Shams Us-Safa.

Le Conseil de sécurité précise qu'Abdul Hakim, gouverneur de la province d'Uruzgan depuis mai 2007, a quitté le mouvement taliban. De son côté, Mohammad Musa siège depuis la même date au Parlement afghan, où il représente la province de Wardak.

Interrogé par l'AFP, un diplomate occidental, parlant sous couvert de l'anonymat, a indiqué que les cinq hommes sont désormais considérés comme « des talibans modérés ».

La liste du Conseil de sécurité comprend environ 500 noms, dont ceux de quelque 140 talibans.

Les sanctions consistent en un embargo sur les armes, un gel des avoirs financiers et une interdiction de voyager pour les individus visés.

Une façon d'ouvrir le dialogue?

Cette décision arrive alors que plusieurs réclament d'impliquer les talibans modérés dans le processus de paix en Afghanistan. Récemment, le président afghan, Hamid Karzaï, a lui-même dit souhaiter que certains talibans soient retirés de la liste des personnes faisant l'objet de sanctions.

Hamid Karzaï lors d'une conférence de presse à Istanbul, en Turquie. Hamid Karzaï lors d'une conférence de presse à Istanbul, en Turquie.   © AFP/Mustafa Ozer

L'automne dernier, alors qu'il entamait son nouveau mandat à la présidence du pays, le président afghan avait également lancé un appel aux talibans pour qu'ils acceptent de dialoguer et de participer à la reconstruction de l'Afghanistan. Cet appel avait toutefois reçu un non catégorique.

En mars dernier, dans une entrevue au New York Times, le président américain Barack Obama avait lui aussi laissé entendre qu'il était prêt à discuter avec certains talibans. Selon lui, il faudrait s'inspirer de la stratégie américaine en Irak consistant à faire venir des insurgés sunnites à la table des négociations pour les éloigner d'Al-Qaïda. Il « pourrait y avoir des occasions similaires en Afghanistan et dans la région pakistanaise », avait-il déclaré.

La décision du Conseil de sécurité de l'ONU survient aussi alors que s'ouvre jeudi à Londres une grande conférence internationale sur l'Afghanistan.

Le président Karzaï doit profiter de cette rencontre pour annoncer un vaste programme visant notamment à la réconciliation avec les talibans qui ne sont pas membres de réseaux terroristes, comme Al-Qaïda.

Les pays voisins de l'Afghanistan, de même que la Turquie, ont annoncé mardi à Istanbul qu'ils soutenaient le « processus de réconciliation nationale » avec les talibans modérés prôné par le président Karzaï.

Des responsables de plusieurs pays, dont l'Iran, le Pakistan, la Russie et la Chine, ont rencontré le président Karzaï à Istanbul pour définir une position commune à deux jours de la conférence de Londres. Ils se sont dits d'accord avec le processus proposé par Hamid Karzaï pour réintégrer les insurgés modérés, seul moyen selon lui d'assurer l'unité du pays.

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