Des agents de Blackwater à Bagdad, en septembre 2007.
©
AFP/Patrick Baz
Les États-Unis feront appel de la décision d'un tribunal fédéral américain d'abandonner les poursuites contre cinq agents de sécurité de Blackwater accusés d'avoir tué 14 civils irakiens en 2007, lors d'une fusillade.
Washington fera appel de la décision d'un juge fédéral américain d'abandonner les poursuites intentées contre des employés de l'agence de sécurité Blackwater, accusés d'avoir ouvert le feu sur des civils.
Les États-Unis vont faire appel de cette décision la semaine prochaine, a déclaré le vice-président, samedi, à l'occasion d'une visite de 24 heures à Bagdad, en présence du président irakien Jalal Talabani.
Joe Biden a exprimé ses « sincères regrets face à la violence sanglante survenue au Carré Kisoor. » Le vice-président a déclaré que le gouvernement américain, bien qu'il respectait l'indépendance et l'intégrité du système judiciaire, était déçu de la décision du juge fédéral d'abandonner les poursuites.
Les cinq agents de sécurité sont accusés d'avoir tué 14 Irakiens civils non armés et fait 18 blessés en ouvrant le feu sur une foule de civils irakiens en septembre 2007. Bagdad soutient pour sa part que l'attaque a plutôt fait 17 morts.
En Irak, l'incident est devenu un symbole du peu de considération des agents de sécurité affectés à la protection du personnel américain pour les vies des civils irakiens, ces agents bénéficiant de surcroît d'une immunité face à la justice irakienne.
Les charges portées contres les cinq employés de Blackwater ont été abandonnées le 31 décembre dernier sur la décision du juge Ricardo Urbina. Ce dernier a estimé que les droits des accusés n'avaient pas été respectés puisque des déclarations qu'ils avaient faites alors qu'ils étaient sous immunité avaient été utilisées contre eux par le département de la Justice américaine.
Plusieurs sénateurs américains, dont l'ancien candidat présidentiel républicain John McCain, avaient alors exprimé leur désaccord face à cette décision et demandé que le gouvernement fasse appel.
Un appel sollicité
Le ministre des Affaires étrangères irakien, Hoshyar Zebari, a dit considérer l'annonce de l'appel comme « une bonne nouvelle ».
Bagdad avait déclaré cette semaine qu'elle entendait déposer une plainte contre Blackwater afin d'obtenir réparation pour les familles des victimes. La majorité de ces familles auraient toutefois déjà reçu des compensations de Blackwater, selon Hassan Jabbar Salman, un avocat irakien blessé lors de l'incident de 2007.
Les avocats de deux des agents de Balckwater accusés - les deux ex-Marines Donald Ball et Dustin Heard - qualifient l'annonce de cet appel de « geste politique ». La Maison-Blanche affirme de son côté que cette décision n'était pas censée être annoncée lors de la visite de samedi du vice-président.
Joe Biden est arrivé en Irak vendredi soir. L'objet principal de sa visite était de dénouer la crise politique issue de l'expulsion du scrutin législatif du 7 mars de candidats baasistes, soupçonnés d'avoir eu des liens avec l'ancien dictateur Saddam Hussein, exécuté en décembre 2006.