L'opposition demande plus de souplesse

Le chef libéral Michael Ignatieff parlant aux membres de son caucus à Ottawa Le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Michael Ignatieff   © PC/Fred Chartrand

Devant la gravité de la situation des sinistrés du tremblement de terre en Haïti, les trois partis d'opposition à Ottawa ont décidé d'unir leurs voix, mercredi, pour réclamer au gouvernement conservateur un assouplissement des règles encadrant les réunifications familiales.

Libéraux, bloquistes et néo-démocrates demandent à Ottawa d'élargir les règles qui encadrent les procédures de réunification familiale aux frères, soeurs, tantes, oncles, neveux et nièces des citoyens canadiens.

Lors de points de presse séparés, le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, ont essentiellement livré le même message. Les trois politiciens s'entendent pour dire que la notion de famille telle que l'entend la Loi canadienne sur l'immigration devrait comprendre les frères, soeurs, tantes, oncles, nièces et neveux des demandeurs canadiens d'origine haïtienne.

Gilles Duceppe a plaidé pour que le Canada fonctionne au cas par cas.

Du côté de Québec, le premier ministre Jean Charest
avait demandé mardi à Ottawa d'assouplir ses règles en matière d'immigration.

La chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, Pauline Marois, est allée un peu plus loin mercredi, en demandant au gouvernement Charest de faire fi des procédures habituelles et de ne pas attendre l'autorisation du gouvernement fédéral pour agir. Mme Marois a demandé que Québec dépêche en Haïti des fonctionnaires du ministère de l'Immigration qui pourraient faciliter la réunification des familles.

Dans le cadre d'une visite à la Maison d'Haïti, à Montréal, la chef du Parti québécois a affirmé que le Québec devait « mettre de côté les paperasseries et les difficultés administratives, pour rapidement accueillir ». « Dans une situation aussi dramatique, je crois qu'il faut passer à côté de certaines règles », a déclaré Pauline Marois.

Un soldat canadien discute avec les Haïtiens qui se massent devant l'ambassade canadienne. Un soldat canadien discute avec les Haïtiens qui se massent devant l'ambassade canadienne.   © PC/AP/Paul Jeffrey/ACT Alliance HO

Ottawa reste ferme

Mais le ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney, a réitéré mercredi que le gouvernement n'entendait pas assouplir davantage les règles qui encadrent les procédures de réunification familiale, comme le souhaitent de nombreux Canadiens d'origine haïtienne.

Céline Galipeau raconte l'histoire d'une Montréalaise qui tente de ramener sa mère au Canada.

« Nous avons une loi qui définit ce qu'est une famille », a indiqué mercredi matin le ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney. « Ça comprend [...] les parents, les grands-parents, les époux - et je dois mentionner que nous avons une définition d'époux plus large que les autres pays - et les enfants dépendants. » Les critères canadiens, a dit M. Kenney, sont déjà parmi les plus généreux au monde.

Le ministre a annoncé samedi dernier qu'Ottawa allait faciliter « la réunification des citoyens canadiens et des résidents permanents du Canada avec les membres de leur famille qui ont été touchés de façon importante et préjudiciable par le séisme ».

Le ministre de l'Immigration a profité du point de presse donné tous les matins par ses collègues des Affaires étrangères et de la Défense pour mettre en garde la population contre des consultants en immigration véreux. Ces derniers font miroiter la possibilité d'accélérer les processus d'immigration. Aucun consultant n'a ce pouvoir, a-t-il dit clairement.

Une centaine de dossiers d'adoption à traiter

Emmanuelle Latraverse a visité un orphelinat de Delmas 75.

Ottawa fait par ailleurs tout ce qu'il peut pour faciliter l'arrivée au pays d'enfants haïtiens qui étaient en voie d'être adoptés par des Canadiens, a assuré mercredi le ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney. Le gouvernement fédéral, dit-il, va prendre connaissance de quelque 100 dossiers acceptés par les autorités provinciales.

Dans la majorité des cas, a dit le ministre, ces dossiers en étaient à l'étape de l'approbation par les autorités haïtiennes. Le Canada essaiera d'obtenir ces approbations, absolument essentielles pour que ces enfants soient placés à bord d'un avion et remis à leur famille adoptive.

Les rumeurs selon lesquelles le président Préval approuverait d'emblée toutes les adoptions sont fausses, a dit Jason Kenney. Le feu vert doit être donné par un comité spécial mis sur pied à ce sujet. Le ministre croit savoir que le juge haïtien responsable de donner cette approbation en Haïti est lui-même mort dans le séisme.

Lorsque les dossiers d'adoption seront approuvés en bonne et due forme, le ministère s'assurera que les enfants recevront un permis de séjour temporaire. Ottawa assumera les frais de traitement des dossiers ainsi que les frais de santé dont ils pourraient avoir besoin jusqu'à ce qu'ils soient couverts par les systèmes de santé provinciaux.

Un enseignant de Sherbrooke cherche à adopter ses neveux et nièces haïtiens devenus orphelins.

Jason Kenney dit espérer que des enfants puissent être rapatriés d'ici quelques jours, mais précise que chaque cas est différent.

Le ministre dit être conscient que de nombreux Canadiens manifestent un intérêt pour adopter des enfants devenus orphelins dans la foulée du séisme.

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