Le FMI en faveur d'un plan Marshall

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Vue aérienne d'un camp de fortune où s'entassent des sinistrés à Port-au-Prince. Vue aérienne d'un camp de fortune où s'entassent des sinistrés à Port-au-Prince.   © AFP/Thomas Coex

À cinq jours de la conférence de Montréal, qui doit se pencher sur la reconstruction d'Haïti, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, s'est prononcé en faveur d'une « sorte de plan Marshall » pour le pays.

« Mon sentiment est qu'Haïti [...] a besoin de quelque chose de grand », indique le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. Sur le terrain, une forte réplique a semé la panique.

« Mon sentiment est qu'Haïti, qui a été frappé de manière exceptionnelle par différentes choses, la crise des prix de l'alimentation et du pétrole, puis les ouragans, puis le séisme, a besoin de quelque chose de grand », indique-t-il dans une déclaration publiée sur le site web du FMI.

« Pas seulement une approche au coup par coup, mais quelque chose qui soit beaucoup plus vaste pour traiter la reconstruction du pays: une sorte de plan Marshall que nous devons mettre en place maintenant pour Haïti », indique M. Strauss-Kahn.

Le plan Marshall, lancé par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, a financé la reconstruction de l'Europe de l'Ouest. Il a du même coup stimulé l'économie des États-Unis et du Canada, qui n'avaient pas été détruits comme les pays européens.

M. Strauss-Kahn a appelé à l'annulation de la dette d'Haïti. Le Club de Paris, qui regroupe les principaux créanciers du monde, a également lancé un appel en ce sens plus tôt cette semaine.

Une forte réplique sème la frayeur

Emmanuelle Latraverse décrit son réveil à Port-au-Prince.

Pendant ce temps, en Haïti, une nouvelle réplique survenue vers 6 h a semé la panique au sein de la population.

Selon l'Institut de veille géologique américain, l'épicentre de la secousse d'une magnitude de 6,1 a été localisé dans la région de Petit-Goâve, à 42 km au nord-ouest de la ville de Jacmel.

Selon l'envoyé spécial de la radio de Radio-Canada, Frédéric Nicoloff, qui est à Léogâne, il est difficile de déterminer si ce nouveau séisme a créé beaucoup de dommages puisque la région avait déjà été très touchée par celui d'une magnitude de 7 qui s'est produit mardi dernier. Des gens auraient cependant été blessés.

Un journaliste de la CBC qui se trouve à bord du contre-torpilleur NCSM Athabaskan, qui mouille à un kilomètre au large de Léogâne, dit avoir fortement ressenti la secousse. Selon Rob Gordon, le choc initial donnait l'impression que le contre-torpilleur avait heurté la côte. Cela a été suivi d'une série de vibrations. Il ne rapporte ni dommage ni blessés à bord.

Le capitaine du NCSM Athabaskan a tout de même prévenu les troupes que la situation à Léogâne pourrait avoir changé considérablement en raison de ce nouveau séisme.

Akli Aït Abdallah rapporte l'émoi causé par la réplique.

La nouvelle secousse a aussi été ressentie dans la capitale, Port-au-Prince. Un témoin rapporte que l'hôpital général s'est vidé à la vitesse de l'éclair lorsque la terre a tremblé. Plusieurs personnes refusaient d'y retourner après la secousse.

Les survivants du séisme qui n'ont pas fui la capitale vivent presque tous dans la rue, leur maison s'étant effondrée ou s'étant lézardée suffisamment pour que les gens ne veuillent plus y dormir. La secousse pourrait toutefois avoir endommagé des immeubles et causé leur effondrement, ce qui constitue un risque pour tous ceux qui campent non loin.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a fait savoir que la secousse avait endommagé le toit et le second étage de l'ambassade canadienne à Port-au-Prince.

Encore des survivants

Plus d'une semaine après le séisme, des équipes de recherche et de sauvetage continuent de trouver des miraculés sous les décombres.

Mercredi encore, une fillette de 23 jours a été retrouvée à Jacmel. Quelques heures plus tôt, une fillette de 13 ans et son frère de 7 ans avaient été secourus à Port-au-Prince.

Mardi, une femme âgée a aussi été sortie des ruines de la cathédrale de Port-au-Prince, et une jeune femme de 25 ans a été retirée des décombres d'un supermarché.

Ena Zizi a été retirée des décombres de la cathédrale de Port-au-Prince mardi. Ena Zizi a été retirée des décombres de la cathédrale de Port-au-Prince mardi.   © PC/AP/Paul Jeffrey/ACT Alliance HO

Selon l'ONU, 121 Haïtiens et Haïtiennes ont été extirpés des décombres depuis mardi dernier.

L'aide destinée à ceux qui ont tout perdu, notamment l'eau et la nourriture, continue d'affluer tant bien que mal. Les hôpitaux continuent d'être débordés par les nombreux blessés.

En fin de journée, l'armée américaine a annoncé que le port de Port-au-Prince sera opérationnel à compter de vendredi. Un journaliste de l'AFP constatait toutefois qu'un bateau français était déjà à quai et que l'aide humanitaire qu'il transporte était déchargée.

L'ONU confirme par ailleurs la mort de 49 membres de son personnel à Port-au-Prince. Selon un porte-parole, Martin Nesirky, plus de 300 autres travailleurs des Nations unies sont toujours portés disparus.

Selon le dernier bilan du gouvernement haïtien, le séisme de magnitude 7 qui a secoué Haïti la semaine dernière a fait 75 000 morts, 250 000 blessés et un million de sans-abri.

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