de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney
Les procédures d'immigration seront facilitées pour les Haïtiens touchés par le séisme et qui ont de la famille au Canada. C'est ce qu'a annoncé samedi le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney.
Le gouvernement fédéral annonce que les modalités d'immigration seront facilitées pour les Haïtiens touchés par le séisme et qui ont de la famille au Canada.
« Notre gouvernement a l'intention de faciliter dès que possible la réunification des citoyens canadiens et des résidents permanents du Canada avec les membres de leurs familles qui ont été touchés de façon importante et préjudiciable par le séisme », a déclaré M. Kenney.
Le gouvernement traitera ainsi en priorité les demandes de regroupement familial, et notamment l'adoption d'enfants haïtiens. On estime que quelque 130 000 personnes d'origine haïtienne vivent au Canada.
Quelque 2000 dossiers de regroupement familial qui sont en cours devraient bénéficier d'une accélération de la procédure.
Pour réaliser cette promesse, Ottawa travaille au rétablissement de ses services d'immigration en Haïti et envisage l'ouverture d'un nouveau bureau dans la région de Port-au-Prince et d'une annexe en République dominicaine.
Par ailleurs, M. Kenney a annoncé que les Haïtiens qui sont actuellement en visite au Canada pourront demander un prolongement de leur permis de séjour. Ceux qui en ont besoin pourront aussi demander un permis de travail. Ces demandes seront traitées prioritairement.
Toutes les expulsions d'Haïtiens sont aussi suspendues.
Accueil mitigé
La promesse du gouvernement fédéral d'accélérer le traitement des demandes de parrainage de citoyens d'Haïti a reçu un accueil partagé au Québec.
La directrice des programmes de la Maison d'Haïti, Marjorie Villefranche, estime que les mesures annoncées par Ottawa sont peu généreuses et même désespérantes. Elle espère que le gouvernement va clarifier la façon dont il entend traiter les demandes de parrainage.
Mme Villefranche craint que le processus de demande de parrainage, même accéléré, ne puisse être finalisé en deçà de six mois. D'autant plus que des actes de naissance ont été détruits dans le tremblement de terre, ce qui risque d'empêcher, sinon de ralentir le traitement des demandes.
Elle fait remarquer aussi que la procédure de parrainage est coûteuse, se chiffrant en moyenne à 2000 $.
« J'aimerais qu'ils (les représentants du gouvernement) puissent par exemple dire: "vous avez un membre de votre famille que vous voulez parrainer, donc on lui donne immédiatement un visa de séjour temporaire pour qu'elle puisse venir ici le plus rapidement possible". C'est possible. À partir du moment où la personne est ici, on va pouvoir faire les papiers, mais s'il faut régler les papiers en Haïti, ça n'a pas de sens », a indiqué Mme Villefranche.
Pour sa part, la ministre de l'Immigration du Québec, Yolande James, s'est dite satisfaite des mesures annoncées par son homologue fédéral Jason Kenney. Le gouvernement provincial a entre ses mains 1900 dossiers de parrainage, prêts à être approuvés par Ottawa.
Mme James n'a cependant pas été en mesure de dire dans quels délais les dossiers de parrainage pourront être traités par Ottawa dans le cadre de sa nouvelle procédure accélérée.