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Haïti, pays de douleurs

Mise à jour le lundi 25 janvier 2010 à 13 h 21

Haïti, pays de douleurs

De jeunes Haïtiens transportent des boîtes vides qui seront recyclées pour en faire des casseroles. (archives)

Photo: AFP/Thony BELIZAIRE

De jeunes Haïtiens transportent des boîtes vides qui seront recyclées pour en faire des casseroles. (archives)



  • Population: 8,7 millions habitants (estimation 2008). La diaspora haïtienne est estimée à deux millions de personnes (notamment aux États-Unis, au Canada et en République dominicaine)
  • Superficie: 27 750 km2
  • Langues: créole, français
  • Religions: catholicisme, protestantisme, vaudou
  • Président: René Préval
  • Capitale: Port-au-Prince (environ 2,5 millions d'habitants)
  • Monnaie: la gourde, 100 gourdes = 2 dollars canadiens
  • Fête nationale et de l'indépendance: 1er janvier

Haïti est le pays le plus pauvre de l'hémisphère nord. En 2009, Haïti est passé du 146e an 149e rang, sur 192 pays, du classement du développement humain dressé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). L'espérance de vie y est estimée, selon l'organisme onusien, à 59,5 ans.

Le taux d'alphabétisation est de 51,9 %. Toujours selon le PNUD, 500 000 enfants en âge d'être à l'école ne sont pas scolarisés.

Sur le plan économique, le produit intérieur brut (PIB) en 2007 était de 6,13 milliards de dollars américains. Le PIB par habitant est de 639 dollars américains par personne, selon les chiffres de la Banque mondiale de 2007.

Les deux tiers de la population vivent dans la pauvreté (moins de 2 $ US par jour et par personne) et 1 % de la population détient 50 % de la richesse du pays.

Si le taux de croissance a atteint 3 % durant l'exercice budgétaire 2006-2007, le taux de chômage, selon les chiffres officiels du gouvernement pour 2005 est de 32,7 %.

Les transferts financiers de la diaspora haïtienne sont estimés à plus de 1,6 milliard de dollars américains en 2005, soit 30 % du PIB.

L'aide internationale pour le budget de l'État haïtien est estimée à 500 millions de dollars américains par année.

L'importance de l'agriculture

Les deux tiers des Haïtiens dépendent du secteur agricole. Ils produisent du sorgho, des haricots, des tubercules, ainsi que de la coca depuis quelques années. Des sociétés étrangères détiennent de grandes plantations modernes dans lesquelles sont cultivés du café et du coton.

Des vendeuses de fruits et légumes au marché Saline de Port-au-Prince (archives)

Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Ariana Cubillos

Des vendeuses de fruits et légumes au marché Saline de Port-au-Prince (archives)

Il y a peu de terres arables, et les rendements sont très faibles, notamment à cause de l'érosion des sols. Les récoltes ont toutefois été plus abondantes l'année dernière, ce qui a fait baisser le nombre d'Haïtiens en situation d'insécurité alimentaire de 3,3 millions, fin 2008, à 1,9 million. Le pays doit toujours importer plus de 70 % de la nourriture nécessaire à ses quelque 9 millions d'habitants.

Les pratiques agricoles ont augmenté les périodes de sécheresse, et la déforestation se poursuit, ce qui rend l'île encore plus vulnérable aux désastres naturels. Seulement 2 % de la forêt initiale subsiste.

Une économie fragile

En dépit d'une aide considérable consentie par la communauté internationale, Haïti est entré en récession en 2001, pour en sortir en 2005. Le pays, qui a alors payé ses arriérés dus à son principal créancier, la Banque interaméricaine de développement, ce qui lui a permis de réintégrer la communauté financière internationale. Cette dernière dresse un bilan honorable des réformes structurelles effectuées par le gouvernement du président Préval, arrivé au pouvoir en 2006.

La reprise des exportations textiles, notamment, a permis d'enregistrer une croissance d'environ 2 % en 2009. L'inflation a fortement baissé. Tout cela n'a cependant pas fait reculer la pauvreté.

Haïti continue de souffrir d'un manque d'investissement dû à l'insécurité et d'un déficit commercial très important. Les problèmes d'infrastructures demeurent criants, avec seulement 15 % des routes asphaltées.

Un pays durement touché par les catastrophes

Selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2006, Haïti est l'un des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles. « Son extrême vulnérabilité face à ces événements résulte de niveaux de pauvreté élevés, d'une infrastructure inadaptée, d'un environnement dégradé et d'une série de gouvernements inefficaces confrontés à de graves problèmes fiscaux », peut-on lire sur le site de l'organisation.

1994: L'ouragan Gordon fait un millier de victimes en Haïti.

1998: Le passage de l'ouragan George tue plus de 200 Haïtiens.

2004: Accompagné d'inondations et de coulées de boue, l'ouragan Jeanne balaie une partie du pays, principalement dans les Gonaïves, dans le nord. Bilan: plus de 3000 morts. Les sinistrés sont 100 fois plus nombreux.

2008: En quelques semaines, les tempêtes tropicales Fay, Gustav, Hanna et Ike frappent le pays, faisant plus de 300 morts et des centaines de milliers de sans-abri. La situation est particulièrement dramatique dans les Gonaïves.

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