Le bilan canadien s'alourdit

Yvonne Martin Yvonne Martin   © Globe and Mail

Le tremblement de terre qui a frappé Haïti, mardi, risque de faire des dizaines de milliers de morts. De ce nombre, on compte déjà trois Canadiens.

L'infirmière ontarienne Yvonne Martin, ainsi que le professeur Georges Anglade et sa femme Mireille, de Montréal, sont morts sous les débris. D'autres Canadiens manquent à l'appel, dont l'ancien ministre libéral Serge Marcil.

Il s'agit d'Yvonne Martin, une infirmière originaire d'Elmira, en Ontario, ainsi que de Mireille et Georges Anglade, des Québécois d'origine haïtienne.

Mme Martin faisait partie d'un groupe de sept infirmières arrivées à Port-au-Prince 90 minutes avant le tremblement de terre. Les infirmières étaient allées en Haïti pour mettre en place des cliniques en milieu rural.

Elles travaillent pour l'Église évangélique missionnaire du Canada et venaient tout juste d'arriver à leur hôtel lorsque le tremblement de terre a commencé. Seule Mme Martin n'a pu sortir du bâtiment à temps.

Mireille et Georges Anglade auraient quant à eux péri sous les débris d'une maison située dans le quartier Turgeau, à Port-au-Prince. Ils visitaient des parents et amis, comme ils avaient l'habitude de le faire régulièrement.

Georges Anglade Georges Anglade   © Thomas C. Spear

Georges Anglade fait partie de ceux qui ont fondé l'Université de Québec à Montréal (UQÀM), où il a été professeur de géographie sociale jusqu'en 2002. Il s'était installé au Canada en 1969.

Il a également travaillé comme expert international en politique d'aménagement auprès des Nations unies en 1988 et 1989, ainsi que de 1991 à 1993.

Opposant notoire de Duvalier et ancien prisonnier politique, Georges Anglade a notamment été porte-parole et fondateur du Mouvement haïtien de solidarité. Il a par la suite été conseiller spécial auprès du président Aristide et ministre des Travaux publics, puis membre du Cabinet Préval au milieu des années 1990.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Leurs jupons dépassent (Bibliothèque haïtienne, 2000), Ce pays qui m'habite (Lanctôt, 2002) et Et si Haïti déclarait la guerre aux USA? (Écosociété, 2004).

À la recherche d'autres Canadiens

Le nombre de Canadiens inscrits au registre de l'ambassade s'élève à 707, mais les services consulaires évaluent que 6000 Canadiens se trouvent en Haïti. Parmi eux, une centaine participaient à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a indiqué que 80 des 82 policiers canadiens qui se trouvaient sur place dans le cadre de la MINUSTAH sont sains et saufs. Les recherches se poursuivent pour retrouver les deux autres policiers manquant à l'appel.

Il s'agit de 13 policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), 23 de la Sûreté du Québec (SQ), 42 du Service de police de Montréal (SPVM) et 5 du Service de police de la Ville de Québec. Les deux policiers manquant à l'appel, tous deux de la GRC, sont le chef superintendant Doug Coates et le sergent Mark Gallagher, qui faisaient de la formation de policiers haïtiens.

De son côté, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a précisé que la majorité des ressortissants canadiens en Haïti sont québécois. Au moins deux des six fonctionnaires du gouvernement du Québec oeuvrant en Haïti manquaient par ailleurs toujours à l'appel, mercredi soir.

L'ancien ministre libéral Serge Marcil, actuellement vice-président au développement du Groupe SM International, est porté disparu en Haïti. L'ancien ministre libéral Serge Marcil

L'ancien ministre libéral Serge Marcil, actuellement vice-président au développement du Groupe SM International, est aussi porté disparu en Haïti. En compagnie de quatre autres collègues, Serge Marcil est arrivé à Port-au-Prince en fin d'après-midi, mardi, peu de temps avant le tremblement de terre.

Il devait ensuite se diriger vers l'hôtel Montana, qui a été sérieusement endommagé par la catastrophe. Un seul membre du groupe s'est présenté pour l'instant à l'ambassade canadienne.

Âgé de 65 ans, M. Marcil a été ministre de l'Emploi en 1994 dans l'éphémère Cabinet de Daniel Johnson. Il a aussi été député libéral fédéral de Beauharnois-Salaberry de 2000 à 2004 avant d'oeuvrer comme chef de cabinet du leader parlementaire Jacques Dupuis de 2005 à 2006. Il est le conjoint de Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme.

Les Soeurs de la Providence à Montréal sont sans nouvelles d'une dizaine des leurs, dont quatre Canadiennes qui se trouvaient à Port-au-Prince. « Nous, ce qui nous inquiète, c'est que quelqu'un soit blessé par un effondrement de maison », raconte Claire Houde, des Soeurs de la Providence.

Bonne nouvelle, cependant: une Canadienne qui était coincée sous les débris dans un immeuble a été sauvée après avoir envoyé des messages textuels à une personne qui a transmis son appel à l'aide au ministère canadien des Affaires étrangères.

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