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En profondeur

Journaliste:Anne-Marie Lecomte

Mise à jour le lundi 11 janvier 2010 à 14 h 55

Un personnage influent



Hugo Chavez est président du Venezuela depuis décembre 1998. Mais son influence, tant dans son pays que sur la scène internationale, déborde largement de ce cadre.

La diplomatie de l'or noir

Riche du pétrole dont son pays regorge, Hugo Chavez a donné un nouveau souffle à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), à la fin des années 1990. Et le pétrole, Hugo Chavez s'en sert aussi pour son peuple. Ainsi, avec Cuba, le président vénézuélien a échangé du pétrole contre des médecins et des éducateurs cubains, qui ont apporté aux Vénézuéliens défavorisés des soins de santé et des services en éducation auxquels ils n'avaient jamais eu droit.

Un personnage médiatique

Pour les Vénézuéliens, Hugo Chavez est El Presidente, mais aussi un pédagogue et... un démagogue qui s'adresse chaque dimanche à ses concitoyens, par le truchement de la télévision. Militaire de formation, Chavez cultive, avec les médias, son image d'homme du peuple (de la classe moyenne en fait) pour promouvoir la révolution qu'il a entamée après son élection comme président. Une révolution qualifiée de « bolivarienne », du nom de Simon Bolivar, le Libertador qui, au 19e siècle, a libéré le Venezuela du joug espagnol.

Révolution qu'il a d'abord tenté d'instaurer par un coup d'État, en 1992. Une audace qui lui a valu deux ans de prison et un statut de héros populaire.

Daniel Ortega, Hugo Chavez, Raul Castro et Evo Morales lors d'une réunion de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques

Photo: AFP/OMAR TORRES

Daniel Ortega (Nicaragua), Hugo Chavez (Venezuela), Raul Castro (Cuba) et Evo Morales (Bolivie) lors d'une réunion de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques

« L'axe d'Hugo »

En Amérique latine, le président vénézuélien est un joueur incontournable, au point où Moisés Naím, rédacteur en chef de Foreign Policy, parle de « l'axe d'Hugo » pour désigner les pays qui forment une sorte de « constellation » autour de Caracas.

La constellation Chavez brille tant dans l'univers économique que dans l'univers politique. Par exemple, l'ALBA (l'Alliance bolivarienne pour les Amériques) est un bloc antilibéral créé par Caracas et La Havane qui a pour but de mobiliser leurs alliés régionaux contre Washington.

Car l'homme fort du Venezuela a un ennemi: les États-Unis (qui sont aussi un précieux client de Caracas, le Venezuela comblant près du tiers des besoins américains en pétrole).

Chavez, un Castro nouveau genre

L'anti-impérialisme d'Hugo Chavez a permis à ce dernier de se faire des amis parmi les altermondialistes et dans le monde arabe, mais aussi auprès d'États dits « parias » comme le Bélarus, l'Iran, la Libye et la Syrie. Chavez achète des armes à Moscou, appuie le programme nucléaire de l'Iran, festoie en Libye avec Mouammar Khadafi...

Le président vénézuélien a fait modifier la Constitution de manière à pouvoir cumuler les mandats. Il a fermé des stations de radio et de télévision et multiplie les nationalisations.

Est-il en train de faire basculer le Venezuela - l'une des plus vieilles démocraties du continent - dans la dictature? La réponse n'est pas claire. Mais à ce chapitre Hugo Chavez intrigue, inquiète et fascine.

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