Un des hommes politiques français les plus respectés dans son pays, mais aussi bien connu au Québec, vient de mourir. Philippe Séguin a succombé à une crise cardiaque chez lui, à Paris. Il avait 66 ans.
Brillant orateur et politicien respecté tant en France qu'au Québec, l'ancien ministre français gaulliste Philippe Séguin meurt foudroyé par une crise cardiaque, à l'âge de 66 ans.
Philippe Séguin a été ministre des Affaires sociales et de l'Emploi au sein du gouvernement Chirac de 1986 à 1988.
Né à Tunis dans un milieu modeste, il était passé par l'École nationale d'administration française, une école qui forme les élites du pays. Il est ensuite devenu l'un des plus hauts fonctionnaires de l'État.
Nicolas Sarkozy a commenté cette disparition en saluant « un homme particulièrement attachant », « au tempérament chaleureux et généreux ». Pour l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, Philippe Séguin « n'avait peur de personne, il résistait à tout ».
Du côté de la gauche française, la dirigeante du Parti socialiste Martine Aubry a déclaré que l'homme était un « sage dont la voix était une référence et une boussole ».
Philippe Séguin, quelques mois avant son décès soudain
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« Son érudition, son affabilité, ses connaissances personnelles du Maghreb et de la civilisation andalouse font de sa disparition une perte irréparable pour ses amis, en particulier pour les musulmans de France », a déclaré Dalil Boubaker, le recteur de la Mosquée de Paris.
Brillant orateur bien connu pour ses courroux « aussi brusques qu'inattendus », selon l'actuel président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, Philippe Séguin était une figure de la droite gaulliste en France, ainsi qu'un adversaire résolu du traité de Maastricht en Europe.
Accointances souverainistes
« Aujourd'hui, la France perd un de ses grands serviteurs, et le Québec, un ami des plus fidèles », a déclaré Jean Charest dans un communiqué. « Il fut un acteur de premier plan dans le développement de la relation privilégiée entre le Québec et la France. Non seulement il connaissait et comprenait le Québec, mais surtout, il l'aimait profondément », a-t-il ajouté.
« Monsieur Séguin, récipiendaire de l'Ordre national du Québec, fut un observateur privilégié de la scène politique québécoise », a déclaré le ministre Pierre Arcand dans le même communiqué. « J'ai eu la chance de rencontrer monsieur Séguin en décembre dernier lors de ma mission en France, et je garde le souvenir d'un homme dévoué, passionné de politique et engagé dans la poursuite de la relation exceptionnelle qui lie le Québec et la France, qui était chère à ses yeux ».
Philippe Séguin a effectivement toujours manifesté beaucoup sympathie envers le Québec, ainsi qu'envers le mouvement indépendantiste.
Dans un communiqué, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a parlé de la perte d'un « compagnon de route ». « Philippe Séguin a joué un rôle considérable dans les relations entre le Québec et la France et il est par ailleurs devenu un véritable ami du Québec », a déclaré Mme Marois.
Louise Beaudouin, députée péquiste de Rosemont, a rappelé ces accointances souverainistes, ainsi que l'attachement personnel de Philippe Séguin à la province.
« Je garde le souvenir d'un homme qui avait son franc-parler, qui avait une vision de la politique qui n'était pas celle, me semble-t-il, de la politique spectacle qu'on connaît aujourd'hui », a-t-elle déclaré à Radio-Canada. « Il croyait que la politique pouvait vraiment changer les choses ».