Des étrangers écroués

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Un partisan de l'opposition lors des manifestations du 27 décembre. Un partisan de l'opposition lors des manifestations du 27 décembre.   © AFP/Amir Sadeghi

Le gouvernement de la République islamique d'Iran a annoncé lundi que plusieurs étrangers ont été arrêtés le 27 décembre, lorsque des dizaines de milliers de manifestants ont profité de la fête de l'Achoura pour envahir les rues de Téhéran et dénoncer une fois de plus le durcissement du régime.

Selon le ministre du Renseignement, Heidar Moslehi, plusieurs étrangers figurent parmi les personnes arrêtées lors des manifestations du 27 décembre. Leur nationalité n'a pas été révélée.

« Plusieurs étrangers figurent parmi les personnes qui ont été arrêtées le jour de l'Achoura », a déclaré le ministre du Renseignement, Heidar Moslehi, à la télévision. « Ils menaient une guerre psychologique contre le système [...] Ils étaient entrés en Iran deux jours avant l'Achoura ».

Le ministre Moslehi n'a pas précisé la nationalité des personnes qui auraient été interpellées. Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni sont les trois pays démonisés par la République islamique, mais d'autres pays occidentaux, dont le Canada, sont à couteaux tirés avec Téhéran.

Au moins huit personnes ont été tuées lors des manifestations de l'Achoura, qui commémorent, dans l'islam chiite, le martyre de l'imam Hussein, petit-fils de Mahomet, mort au VIIe siècle dans une bataille qui a consacré le schisme historique entre chiites et sunnites.

Parmi eux se trouvait le neveu d'une figure de proue de l'opposition, Mir Hossein Mousavi. Ce dernier a officiellement terminé deuxième lors de la présidentielle du 12 juin dernier. Ce résultat est à l'origine des plus importantes manifestations populaires depuis la révolution islamique de 1979.

Selon l'AFP, 500 personnes ont été arrêtées à cette occasion et 300 d'entre elles n'ont toujours pas été relâchées.

Professeurs mobilisés

Par ailleurs, le site Internet Jaras, proche de l'opposition, soutient que 88 professeurs de l'Université de Téhéran ont signé une lettre dans laquelle ils demandent au guide suprême de la république, l'ayatollah Ali Khamenei, de mettre un terme à la répression contre les étudiants.

« Il est très difficile de croire que dans le système islamique, certains puissent lancer des raids contre des résidences universitaires et molester des étudiants [...] et opérer de nombreuses arrestations », précise Jaras. « Nous vous prions instamment d'ordonner que cessent ces agissements et que soient libérés tous les étudiants arrêtés depuis les élections ».

Les étudiants de l'Université de Téhéran sont parmi les critiques les plus virulents du régime actuel. Des dortoirs de l'université ont d'ailleurs été pris d'assaut par des miliciens progouvernementaux dans les jours qui ont suivi les manifestations dénonçant le résultat de la présidentielle.

Journaliste arrêté

Selon les sites Internet Kaleme et Rahesabz, tous deux proches de l'opposition, un journaliste arrêté dans le cadre de ces manifestations du mois de juin, Bahman Ahmadi Amoui, a été condamné lundi à sept ans et quatre mois de prison et à 34 coups de fouet.

M. Amoui travaillait au journal économique Sarmayeh, qui a été fermé en novembre. Il était réputé pour s'opposer aux politiques économiques du président Mahmoud Ahmadinejad.

Washington maintient la pression sur le nucléaire

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a déclaré lundi que l'administration Obama demeurait ouverte à négocier avec l'Iran sur son programme nucléaire, malgré l'intransigeance affichée par Téhéran.

Mais Mme Clinton a prévenu que les États-Unis envisageaient des sanctions plus sévères contre l'Iran si le régime ne répondait pas favorablement à l'ouverture proposée par les Américains.

La secrétaire d'État américaine a indiqué que les États-Unis avaient « entamé des discussions avec nos partenaires et avec des pays partageant notre point de vue sur la pression et des sanctions ».

« Notre but est de faire pression sur le gouvernement iranien, en particulier sur des éléments des Gardiens de la révolution, sans contribuer aux souffrances de la population qui mérite mieux que ce qu'elle a actuellement », a-t-elle ajouté.

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